FRAIS EXTRAORDINAIRES
184 soldats à 20 sous. . . . 184 » »
Frais de théâtre, à 4 liv. par jour : quarante-six représentations 184 » »
Dont le quinzième seulement à déduire sur le droit d’auteur est 24 10 8
11 est dû à M. de Beaumarchais, tous frais faits. 10,474 6 5
Cl 3
chacun se félicite, et dit en se serrant la mam : Voilà donc tout fini ; et moi, bonhomme ainsi que mes confrères, je dis avec les autres : Voilà donc tout fini : mais quelqu’un du conseil de la Comédie souriait dans sa barbe, et grommelait en luimême : Et moi je dis que tout n’est pas fini.
Il s’en fallait beaucoup que tout le fût, et nous . connaissions mal les gens avec qui nous traitions!
Je me suis dit plus d’une fois : Est-ce donc une chose si naturelle et tellement inhérente à la Comédie, de ne pouvoir vivre et prospérer sans piller les auteurs, que des droits bien reconnus, une discussion profonde, un décompte exact, et enfin un accord signé de tous, ne puissent arrêter cette fureur d’usurper! Et croira-t-on que dans ce même cabinet deMe Gerbier, où nous fondions un accord public sur d’aussi grands sacrifices d’auteurs, et dans le moment même où nous le terminions, on travaillait à minuter sourdement un arrêt du conseil (qu’on se gardait bien de nous communiquer), par les clauses duquel on était bien sûr de regagner sur les auteurs deux fois plus que mes travaux ne venaient de forcer les comédiens de leur restituer ?
O comédiens ! les gens de lettres, qui sont les distributeurs des réputations, se taisent sur votre compte, ou ne parlent pas trop bien de vous: comment n’avez-vous su qù’ aliéner les seuls hommes capables de vous rendre par leurs écrits ce que le préjugé vous refuse, la considération publique? Vous êtes applaudis comme gens à talent : pourquoi ne voulez-vous pas être loués comme une société de gens honnêtes, la seule chose qu’il vous importe aujourd’hui d’acquérir ?
En effet, trois semaines après la signature de l’accord, les auteurs apprennent qu’un nouvel arrêt du conseil existe (25 avril 1780). On en fait un grand mystère ; et ce ne fut que plus d’un mois après qu’il eut été lu à la Comédie, que je parvins à en obtenir une copie. On citait entre autres l’article 7 , dont quelqu’un avait fait le relevé.
u Art. 7. Les sommes au-dessous desquelles les « pièces seront censées être tombées dans les règles u demeureront fixées , comme elles l’étaient dans « l’ancien règlement, à douze cents livres pour les u représentations d'hiver , et à huit cents livres pour « les représentations d'été... »
Arrêtons-nous un moment : ceci mérite un double examen.
Cet article 7 semblait d’abord n’ètre fait que pour rappeler, confirmer, donner enfin force de loi à l’usurpation sur les auteurs insérée en 1757 dans un règlement non communiqué, lequel avait abusivement porté la chute dans les règles, de cinq cents livres, où elle était depuis cent ans, à la somme de douze cents livres.
Voilà bien la confirmation d’un règlement secret
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que l’on veut appuyer en 1780, après vingt-trois ans d abus, de 1 autorité d’un arrêt du conseil.
Usurpation, possession, oubli du principe, et sanction, voilà comment les trois quarts des droits s’établissent.
Mais pourquoi s arrêter en si beau chemin? ont dit les comédiens. En coûterait-il plus de sanctionner tout de suite une autre usurpation nouvelle et du même genre ? Les auteurs sont bonnes gens, essayons; et 1 on a fâit ainsi la suite de l’article :
(< sans Que pour le calcul de ces sommes
« ( douze cents livres et huit cents livres) on puisse « demander d’autre compte que celui de la recette