LETTRE XXXII
A M. PUJOS.
Paris, ce il juin 1784-
Ma prétendue célébrité, monsieur, n’est que du tapage autour de moi, beaucoup d’ennemis, encore plus de courage, et des succès trop disputés
pour que la belle gravure qui me représenterait ne parût pas déplacée parmi celle des hommes justement célèbres dont vous portez .les traits à la postérité.
Voilà, monsieur, ce que j’ai dit à M. de Saint- Ange; à quoi j'ai ajouté que j’espérais vous posséder un jour à dîner avec plusieurs autres grands maîtres, pour raisonner sur la médaille que je me suis promis de décerner au grand Voltaire.
Lorsque M. Cochin vint m’enlever de profil en 1773, ce fut à titre d’homme malheureux, injustement persécuté, dont le courage pouvait servir de leçon, que je me laissai faire; et je lui serrai la main en m’enfuyant à Londres. Il y avait alors une espèce de moralité dans son crayon : on ne verrait aujourd’hui dans le vôtre qu’une sotte vanité de ma part; et la rage envenimée qui me poursuit ne manquerait pas de m’en faire un nouveau tort, si j’acceptais votre offre honorable. Recevez donc mes actions de grâces, et faites-moi la justice de me croire, avec la plus douce reconnaissance de votre aimable prédilection, monsieur, votre, etc.