A CHACUN DE MES JUGES
En lui présentant mon troisième mémoire ou dernier exposé des faits relatifs au procès du sieur Kornman contre sa femme.
30 mars 1789.
Monsieur,
Je croirais vous manquer de respect en sollicitant votre justice; j’invoque seulement une heure de votre sévère attention. Mes adversaires ont tant obscurci cette affaire en la couvrant à chaque ins-
tant d’incidents étrangers, qu’il est presque impossible, monsieur, malgré votre sagacité, que vous en ayez pu suivre le fil embarrassé, dans les plaidoyers turbulents dont ils vous ont scandalisé.
J’ai rassemblé dans ce mémoire les faits qui se rapportent à moi. Sa lecture est la seule audience que je vous prie de m’accorder. Et quand vous l’aurez lu, monsieur, je ne vous demande qu’une grâce, c’est de punir sévèrement ceux que vous trouverez coupables.
Je suis, avec un très-profond respect,
Votre très-humble et très-obéissant
serviteur, etc