COUPLETS
POUR LA FÊTE DE M. LENORMANT d’ÉTIOLE.
Mes chers amis, pourriez-vous m’enseigner Zun bon seigneur dont chacun parle?
Je n’sais pas trop comment vous l’désigner ; C’pendant zon dit qu’il a nom Charle.
Non Charle-Quin (jarni),
Si grand coquin (s’fit-i’),
Qu’il dévasta la terre ronde ; ■
Mais le Chariot d’ici (morgué),
Qui n’a d’autre souci (pargué)
Que d’rendre heureux le pauvre monde!
Quand i’ promet, son bon cœur est T garant Qu’il va pus loin que sa parole;
Et si pourtant zon dit qu’il est Normand 1 Oui, mais c’est le Normand d’Étiole.
Tant d’aut’ seigneurs (jarni),
Ont des hauteurs (s’fit-i’).
Et s’font haïr tout à la ronde.
Chez lui ses paysans (pargué)
Sont comme ses enfants (morgué) :
Ça s’appelle aimer l’pauvre monde
Hier au soir, en pensant à Chariot,
J’poussis un peu not’minagère.
« — Nani, Lucas, j’entends à demi-mot; J’n’onsqu’trop d’enfants. — Eh ! laiss’-toi faire : Chariot viendra (jarni),
Les nourrira (s’fit-i’) ;
Tout l’pays d’ses bienfaits abonde. »
Au seul nom d’not’ seigneur (pargué), Margot m’ouvrit son cœur (morgué),
V’ià c’qui fait plaisir au pauvr’ monde!
Quand l’paysan A d-’ l’amour sans argent,
Monsieur l’curé,
Dit qu’pour êtr’ écuré
Faut tous l’zans zaller à confesse ;
Qu’c’est zun devoir :
Chacun a beau l’savoir,
On zy va comm’ les chiens qu’on fesse. Mais quand i’ faut (jarni)
V’nir au château (s’fit-i’)
Pour fêter Chariot à la ronde,
Être ou non invité (pargué)
Pour boire à sa santé (morgué),
Dam’, faut voir courir l’pauvre monde!
Si j’suis jamais marguillier une fois,
Que d’fêt’ j’ôt’rons dans not’ village !
Le Mardi-Gras, la Saint-Martin, les Rois, Bon ceux-là ; Brest’ nuit à l’ouvrage :
Sont-i’ pus saints (jarni)
Qu’ceux d’là Toussaint (s’fit-i’) ?
Mais pour Charle et Manon la blonde,
Ah ! comme j’ies r’quiendrons (pargué) Pour nos deux bons patrons (morgué) !
V’ià les saints qu’i’fautau pauvr’ monde!