‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 706 sur 803 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

POUR LA FÊTE DE M. LENORMANT d’ÉTIOLE.

Mes chers amis, pourriez-vous m’enseigner Zun bon seigneur dont chacun parle?

Je n’sais pas trop comment vous l’désigner ; C’pendant zon dit qu’il a nom Charle.

Non Charle-Quin (jarni),

Si grand coquin (s’fit-i’),

Qu’il dévasta la terre ronde ; ■

Mais le Chariot d’ici (morgué),

Qui n’a d’autre souci (pargué)

Que d’rendre heureux le pauvre monde!

Quand i’ promet, son bon cœur est T garant Qu’il va pus loin que sa parole;

Et si pourtant zon dit qu’il est Normand 1 Oui, mais c’est le Normand d’Étiole.

Tant d’aut’ seigneurs (jarni),

Ont des hauteurs (s’fit-i’).

Et s’font haïr tout à la ronde.

Chez lui ses paysans (pargué)

Sont comme ses enfants (morgué) :

Ça s’appelle aimer l’pauvre monde

Hier au soir, en pensant à Chariot,

J’poussis un peu not’minagère.

« — Nani, Lucas, j’entends à demi-mot; J’n’onsqu’trop d’enfants. — Eh ! laiss’-toi faire : Chariot viendra (jarni),

Les nourrira (s’fit-i’) ;

Tout l’pays d’ses bienfaits abonde. »

Au seul nom d’not’ seigneur (pargué), Margot m’ouvrit son cœur (morgué),

V’ià c’qui fait plaisir au pauvr’ monde!

Quand l’paysan A d-’ l’amour sans argent,

Monsieur l’curé,

Dit qu’pour êtr’ écuré

Faut tous l’zans zaller à confesse ;

Qu’c’est zun devoir :

Chacun a beau l’savoir,

On zy va comm’ les chiens qu’on fesse. Mais quand i’ faut (jarni)

V’nir au château (s’fit-i’)

Pour fêter Chariot à la ronde,

Être ou non invité (pargué)

Pour boire à sa santé (morgué),

Dam’, faut voir courir l’pauvre monde!

Si j’suis jamais marguillier une fois,

Que d’fêt’ j’ôt’rons dans not’ village !

Le Mardi-Gras, la Saint-Martin, les Rois, Bon ceux-là ; Brest’ nuit à l’ouvrage :

Sont-i’ pus saints (jarni)

Qu’ceux d’là Toussaint (s’fit-i’) ?

Mais pour Charle et Manon la blonde,

Ah ! comme j’ies r’quiendrons (pargué) Pour nos deux bons patrons (morgué) !

V’ià les saints qu’i’fautau pauvr’ monde!

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