‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 710 sur 803 · JEAN BÊTE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

JEAN BÊTE, ARLEQUIN

Z’infortuné Jean Bête !

ARLEQUIN

Monsieur!...

JEAN BÊTE

J’ai beau crier comme un chien brûlé...

ARLEQUIN

Monsieur !...

JEAN BÊTE (il va et vient en colère).

Ah! malheureux Jean Bête!

ARLEQUIN, le suivant.

Monsieur!...

1 . Cette parade , qu’on ne connaît pas complète, et que nous avons dû mutiler encore, à cause de ses audaces, qui vont plus loin que celles des farces de Yadé et de Collé, se trouve dans le volume Y des manuscrits de Beaumarchais, acquis à Londres par la Comédie- Française, au mois de septembre 1863. La famille en possède une autre copie parmi les nombreux papiers dont M. de Loménie eut communication : « Elle a, dit-il — ce qui est vrai — toute la verve grotesque du genre, toute la spirituelle effronterie d’équivoques et de quolibets qui le caractérise. » (Beaumarchais et ton temps, 1856, in-8, t. I, p. 60, note.) — Nous ajouterons qu’elle n’était que le décalque moins accentué d’une autre plus grasse : Léandre marchand d’agnus, qui, dans le manuscrit de la Comédie-Française, la précède, écrite tout entière de la main de Beaumarchais. Elle fut faite, les dernières scenes le prouvent, comme la Trilogie, dont nous la faisons suivre, pour une fête de saint Charles, patron du fermier général M. Le Normand d’Étiolles, mari de Mme de Pompadouret collègue de Beaumarchais, en qualité de secrétaire du Roi. Mme de Genlis a parlé de ces fêtes données au château même d’Étiolles, dans la forêt de Sénart, tout près de Corbeil. Elle y joua, en 1762, n’ayant que six *

ans, le rôle allégorique de Y Amitié , et y chanta un couplet qu’elle n’a, dit-elle, «jamais oublié. » ( Mémoires , t. I, p. 17.) Peut-être ce couplet était-il de Beaumarchais, car souvent son hommage ne fut qu’une chanson, comme celle, en même style que cette parade, dont on a pu lire plus bas les six couplets :

Mes chers amis, pourriez- vous m’enseigner Z’un bon seigneur dont chacun parle.

Villiers, dans son Manuel aux environs de Paris, 1804, in-12, t. I, p. 392, dit que Beaumarchais, déguisé en paysan, vint lui-même chanter cette chanson « qui fut si connue dans le temps. » Quel temps? quelle année? Peut-être 1774. La chanson fut en effet publiée pour la première fois dans la Correspondance secrète du mois de janvier 1775 (t. I, p. 166-167). Villiers, ajoutant quelques détails sur les divertissements d’Étiolles à la saint Charles, n’oublie pas celui dont cette pièce est un spécimen : « Beaucoup de personnes de Paris, dit-il, et des environs y étaient invitées. Ces fêtes consistaient en bals, parades, comédies, loteries où tout le monde gagnait. »

Ed. F.

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