JEAN BÊTE A LA FOIRE, SCÈNE IV
ARLEQUIN le soutient.
Ce que c’est que l’amour de la tendresse du sexe fluminin.
JEAN BÊTE
Maraud! tu me dis ça sans préparation.
ARLEQUIN
Vraiment, ignorez-vous que monsieur le bonhomme Cassandre fait z’un gros commerce de mouchures de chandelles pour faire des croix, et de pelûres d’oignons pour les enterrements.
JEAN BÊTE
* Et sa fille?
ARLEQUIN
Z’elle a sa petite boutique devant elle, attachée à son ventre ; z’et elle gagne fort bien sa vie z’en vendant des pommes. Ah ! c’est un si grand plaisir de l’entendre crier dans la foire : « J’ai la rainette, j ’ai la rainette ; . . . cal vil rouge, cal vil rouge. . . les gros rembour, les gros; j’ai la rainette : » que ça vous donne envie de mordre à meme; et le soir, quand le jour est entré dans la nuit, comme elle a beaucoup de sagesse, elle en fait un petit commerce; oh! diable ! elle fera une bonne maison.
JEAN BÊTE
Ce que tu dis là z’est très-probable et très-raisonnable, mon cher Arlequin.
ARLEQUIN
Paix ! v’ià monsieur Cassandre avec ce galefretier de Gilles.
JEAN BÊTE
Z’allons-nous-en, car ma colère me reprend.