ISABELLE, LÉANDRE
LÉANDRE
J ai z’été z’averti, ma toute belle, par mon valet z’Arlequin, que votre vieux bourru de père z’était z’allé t’à Paris suivi de Gilles ; et, comme la tendresse de mon amour s’est fait z’une loi de saisir t’avec vous toutes les occasions t’aux cheveux, je profite z’avec la satisfaction du plus grand plaisir de cette favorable absence pour vous entretenir un moment de la vive flamme du feu de ma brillante ardeur.
ISABELLE
Ah! cher z’amant, je ne sais là où qu’vous allez pêcher tout ce que vous me dites; mais vous avez des manières d’expressions qui s’expriment z’autrement que tout le monde.
LÉANDRE
C’est que vos yeux, ma divine, ne sont pas faits comme les ceux des autres; et, suivant le l’art militaire que j’ai si longtemps t’étudié z’en qualité de milicien, selon la place on dresse les batteries.
ISABELLE
Que cela z’est galant !
LÉANDRE
Hé parbleu! comme dit l’autre, suivant les gens l’encens, et il serait ridicule de faire les préparatifs du Port-Mahon pour assiéger Bicêtre. Savezvous bien que j’aimerais quasi presque autant me voir z’englouti dans la profondeur de l’abîme du plus affreux gabbanum, que de vivre dans la contrainte z’où votre benêt de père vous tient ?
ISABELLE
Il est véritablement vrai de dire que le sort de madestinéet’estbenz’àplaindre;maisz’où la bête, cherz’amant, z’est attachée, z’il faut qu’elle broute. Z’et que faire ?
LÉANDRE
Comment! que faire? Ce que font tous les autres t’en pareil cas, t’et ce que je vous ai déjà proposé tant de fois, parbleu, mam’zelle! puisque monsieur Cassandre ne veut point consentir à l’hyménée de notre mariage, laissez-vous t’enlever.
ISABELLE
Me laisser enlever ! Ah ! cher z’amant, je sais