‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 90 sur 803 · III, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

III, SCÈNE VIL

MADAME MURER, du ton de quelqu'un qui croit en dire assez.

Lorsqu’avant peu...

LE BARON, à sa fille.

Bon ! Est-ce qu’elle dit vrai ?

EUGÉNIE, fléchissant le genou.

Ah ! mon père, comblez par votre bénédiction le bonheur de votre fille.

LE BARON, la relevant avec tendresse.

Réellement? Eh bien... eh bien... eh bien, mon enfant, puisque c’est ainsi, j’approuve tout. (A part.) Aussi bien est-ce un mal sans remède.

EUGÉNIE

De quel poids mon cœur est soulagé !

MADAME MURER, avec joie .

Milady, embrassez votre père.

LE BARON, baisant Eugénie.

Laisse là milady : sois toujours mon Eugénie.

EUGÉNIE

(Avec feu.) Toute la vie, mon père! ( Par exclamation.) Ah ! milord, quel jour heureux pour nous !

LE BARON, du ton d’un homme que ce mot de milord ramène à d'autres idées.

Mais dites-moi donc un peu, vous autres : puisqu’elle est la femme de ce milord, que diable veulent-ils dire avec cet autre mariage? Car aussi on n’y comprend rien.

MADAME MURER

Il vous l’a dit tantôt. Discours de valets, bruits populaires.

J’en ai été troublée malgré moi.

LE BARON

C’est que cela n’est pas net, au moins

MADAME MURER

Drink est son homme de confiance : il n’y a qu’à l’interroger vous-même.

(Elle sonne.)

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