PARIS PERROTIN, ÉDITEUR
DE LA MÉTHODE WILHEM ET DE 1,' () R l' Il É O N :i, PLACE DU DOYENSK
MDCCCXLVII
BAPTEME DE VOLTAIRE
Air : Les clocfies du monnxtcre.
La foule encombre l'église ; Les prêtres sont en émoi.
C'est un garçon qu'on baptise, Fils d'un trésorier du roi.
Le curé court en personne Dire au bedeau : Sonne! sonne!
Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon! 1 •
Dig don! dig don! ' bk.
Don! don! |
Le curé parle au vicaire :
Ce baptême nous fera
* Voltaire, né en février 1694, était d'apparence si frêle qu'on se contenta de l'ondoyer en famille. Son baptême n'eut lieu qu'en novembre de la même année, à Saint-André-des-Arts. Son père, notaire d'abord, devint trésorier lie la rour des comptes.
CHANSOÎSS
Redorer croix, reliquaire, Ostensoir et cœtera.
-Même il se peut que j'accroche De Targent pour une cloche.
Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon !
Dig don! dig don!
Don! don!
Ah! crie un chantre, j'espère Que, nous livrant son cellier, (]et enfant comme son père Un jour sera marguillier.
Qu'à son nom l'honneur s'attache D'un gros marguillier sans tache.
Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon!
Dig don! dig don!
Don! don!
A la marraine, un beau prêtre; Dit tout bas : Les jolis yeux !
Madame, vous devez être Un ange envoyé des cieux.
L'enfant qu'un ange patrone Est un saint que Dieu nous donne.
Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon !
Dig don I dig don !
Don! don!
De sa mère, ajoute un diacre, Ce fils aura tout l'esprit.
I)K H^:HA.^GKK.
Qu'à la chaiie il se consacre :
Il vengera Jésus-Christ.
Qui sait? à sa voix peut-être Plus d'un bùclier doit renaître.
Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon !
Dig don ! dig don !
Don! don!
Mais du ciel tombe un fantôme^ C'est Rabelais, grand moqueur, Qui leur dit : Dans ce vieux tome J'ai chanté jadis au chœur.
Sur cet enfant qu'on baptise, Dieu veut que je prophétise.
Dig don ! dig don !
Que n'avez-vous un bourdon!
Dig don ! dig don !
Don! don!
Nous nommons François-Marie Ce garçon, dit le parrain.
Le fantôme se récrie :
De tels noms ne lui vont brin.
La Gloire, à son baptistère, Lui donnera nom. Voltaire.
Dig don! dig don!
Que n'avez-vous un bourdon!
Dig don ! dig don !
Don! don!
Dans ce marmot, tète énorme, Germe un puissant écrivain
CHAASONS
Qui doit, en fait de réforme, Passer Luther et Calvin.
Sots préjugés, il vous sape.
Gare à vous, monsieur du pape!
Dig don! dig don!
Que n'avez-vous un bourdon!
Dig don ! dig don !
Don! don!
(]e Rabelais, qu'on l'arrête!
Dit le curé s'échaulfant.
Pour nous un dîner s'apprête Chez le père de l'enfant :
De cadeaux il nous accable :
Baptisons, fût-ce le diable!
Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon !
Dig don! dig don!
Don! don!
Le fantôme qui s'envole
Crie aux prêtres : Avant peu ,
Voltaire encore à l'école,
En jouant y met le feu.
(^e feu chez vous va s'étendie :
Aux cloches il faut vous pendre.
Dig don! dig don!
Que n'avez-vous un bourdon ! ,
Dig don! dig don! bis.
Don! don! )
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