‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 2 sur 172 · CLAIRE · texte numérisé non relu

CLAIRE

Quelle est cette fille qui passe D'un pied léger, d'un air riant?

Dans son sourire que de grâce , De bonté dans son œil brillant!

— Elle est modiste et désespère Ses compagnes par sa fraîcheur ; Sa beauté fait l'orgueil d'un père :

C'est la fille du fossoyeur.

Claire habite le cimetière.

Ce qu'au soleil on voit briller.

C'est sa fenêtre, et sa volière.

Qu'on entend d'ici gazouiller.

Là-bas, voltige sur les tombes Un couple éclatant de blancheur:

A qui ces deux blanches colombes A la fille du fossoyeur.

Le soir, près du mur que domine Son toit , où la vigne a grimpé , Par les sons d'une voix divine De surprise on reste frappé.

CHAINSONS

Chant d'amour ou cliant d'allégresse Vous retient joyeux ou rêveur.

Quelle est, dit-on, l'enchanteresse?

C'est la fille du fossoyeur.

On l'entend rire dès l'aurore Sous les lilas de ce bosquet, Où les fleurs humides encore A sa main s'offrent par bouquet. Là, que les plantes croissent belles!

Que les myrtes ont de vigueur!

Là, toujours des roses nouvelles Pour la fille du fossoyeur.

Sous son toit , demain grande fête ; Son père va la marier.

Elle épouse, et la noce est prête, Un jeune et beau ménétrier.

Demain , sous la gaze et la soie , Comme en dansant battra son cœur!

Dieu donne enfants , travail et joie A la fille du fossoveur.

1)K BKKArSGEU.

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