‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 103 sur 172 · JEANNE-LA-ROUSSE · texte numérisé non relu

JEANNE-LA-ROUSSE

LA FEMME Dl BRACONMEH.

Ain : finir et matin sur la fougère.

Un enfant dort à ga mamelle; Elle en porte un autre à son dos.

L'aîné qu elle traîne après elle, Gèle pieds nus dans ses sabots.

Hélas! des gardes qu'il courrouce Au loin, Je père est prisonnier.

Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse ; On a surpris le braconnier.

.le Tai vue heureuse et parée;

Elle cousait, chantait, lisait.

Du magister fille adorée,

Par son bon cœur elle plaisait.

J ai pressé sa main blanche et douce,

En dansant sous le marronnier.

Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse;

On a surpris le l)raconnipr.

Un lérniicr riche (-t de son âge, Qu'elle es|)érail voii- son époux,

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DE lîERA^GKR.

La quitta, parce qu'au village

On riait de ses cheveux roux.

Puis deux, puis trois; chacun repousse

Jeanne qui n'a pas un denier.

Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse;

On a surpris le braconnier.

Mais un vaurien dit : « Rousse ou blonde. >' Moi, pour femme, je te choisis.

» En vain les gardes font la ronde; » J'ai bon repaire et trois fusils.

» Faut-il bénir mon lit de mousse ; » Du château payons l'aumônier. »

Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse; On a surpris le braconnier.

Doux besoin d'être épouse et mère Fit céder Jeanne qui, trois fois.

Depuis, dans une joie amère, Accoucha seule au fond des bois.

Pauvres enfants! chacun d'eux pousse Frais comme un bouton printanier.

Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse, On a surpris le braconnier.

Quel miracle un bon cœur opère!

Jeanne, fidèle à ses devoirs, Sourit encor; car, de leur père.

Ses fils auront les cheveux noirs.

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