II
J'ai plaint les peuples qu'on abuse:
J'ai chansonné les i^ens du roi :
Béranger m'appelait sa muse, (bis.) Pauvres pécheurs, priez pour moi! (hia.) Priez pour moi , priez pour moi !
Grâce à moi, qu'il rendit moins folle.
D'être gueux il se consolait , Lui qui des muses de l'école N'avait jamais sucé le lait.
Il grelottait dans sa coquille Quand d'un luth je lui fis l'octioi.
De fleurs j'ai garni sa mantille.
Pauvres pécheurs , priez pour moi !
Priez pour moi , priez pour moi !
Je l'ai rendu cher au courage.
Dont il adoucit le malheur.
En amour il fut mon ouvrage; J'ai pipé pour cet oiseleur.
A lui plus d'un cœur vint se rendie, Mais les oiseaux en feront foi :
J'ai fourni la glu pour les prendre.
Pauvres pécheurs, priez pour moi!
Priez pour moi , priez pour moi !
Un serpent... (Dieu! ce mot rappelle Marchangy qui rampa vingt ans!) Un serpent, qui fait peau nouvelle Dès que brille un nouveau piinleinps,
DE BEUAi%GKl\. 35
Koiul sur nous, trioniplio et nous \\\\v Aux tbrs dont on parc la loi.
Sans liberté je ne peux vivre.
Pauvres pécheurs, priez pour moi!
Priez poui' moi , priez pour moi I
Malgré Téloquence sublime
De Dupin, qui pour nous parla,
N'ayant pu mordre sur la lime ,
Le hideux serpent l'avala.
Or je trépasse, et, mieux instruite,
Je vois l'enfer avec elTroi :
Hier Satan s'est fait jésuite, (bis.)
Pauvres pécheurs, priez pour moi! (bis.)
Priez pour moi, priez pour moi!