‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 18 sur 172 · LA SYLPHIDE · texte numérisé non relu

LA SYLPHIDE

Aii! : Je ne sais plus ce que je veux.

La Raison a son ignorance;

Son flambeau nest pas toujours clair.

Elle niait votre existence,

Sylphes, charmants, peuples de l'air;

Mais, écartant sa lourde égide

Qui gênait mon œil curieux ,

J'ai vu naguère une Sylphide.

Sylphes légers, soyez mes dieux.

Oui, vous naissez au sein des roses, Fils de l'Aurore et des Zéphyrs; Vos brillantes métamorphoses Sont le secret de nos plaisirs.

D'un souffle vous séchez nos laraies; Vous épurez l'azur des cieux :

J'en crois ma Sylphide et ses charmes.

Sylphes légers, soyez mes dieux.

J'ai deviné son origine Lorsqu'au bal , ou dans un banquet , J'ai vu sa parure enfantine Plaire par ce qui lui manquait. Ruban perdu, boucle défaite; Elle était bien, la voilà mieux.

C'est de vos sœurs la plus parfaite.

Sylphes légers, soyez mes dieux.

Que de grùce en elle font naître Vos caprices toujours si doux !

(Test un enfant gâté peut-être, Mais un enfant gâté par vous.

J'ai vu, sous un air de paresse, L'amour rêveur peint dans ses yeux.

Vous qui protégez la tendresse,

Sylphes légers, soyez mes dieux.

« Mais son aimable enfantillage Cache un esprit aussi brillant Que tous les songes (pi'au bel agi* Vous nous apportez en riant.

Du sein de vives étincelles Son vol m' élevait jusqu'aux cieux; Vous dont elle empruntait les ailes, Sylphes légers, soyez mes dieux.

Hélas! rapide météore,

Trop vite elle a fui loin de nous.

Doit-elle m'apparaître encore?

Quelque Sylphe est-il son époux?

Non, comme l'abeille elle est reine

D'un empire mystérieux;

Vers son trône un de vous m'entraîne.

Sylphes légers, soyez mes dieux.

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