‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 30 sur 172 · LA BONNE MAMAN · texte numérisé non relu

LA BONNE MAMAN

col PLETS

A r.\K DAME DE THENTE ANS, yi E l'AL TELK APPELAIT SA GRAND'MÈHE.

Aiii : J'étais bon cliasscur autrefois.

Au dire du proverbe ancien,

L'amitié ne remonte guère.

Bon petit-tils, je n'en crois rien

Quand je pense à vous, ma grand'mère :

DE lîKUA.NGKH.

Ces titres, quelquefois si doux, Vous paraîtraient-ils insipides?

Bonne maman , consolez-vous ; Vous n'avez point encor de rides.

L'âge a-t-il éteint vos désirs?

Blâmez-vous les tendres chimères?

Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mèies.

Les ans font-ils neiger sur nous, A nos yeux tout se décolore.

Bonne maman , consolez- vous ; Vous ne blanchissez point encore.

L'Amour a peur des grand'mamans; Mais, à prix d'or, combien de vieilles Ont à leurs gages des amants Dont les missives font merveilles !

On sait, pour lire un billet doux, Quel moyen prennent ces coquettes.

Bonne maman, consolez-vous; Vous lisez encor sans lunettes.

Quoi! sans rides, sans cheveux blancs, Et sans lunettes, à votre âge!

Voyons si vos genoux tremblants Des ans n'attestent pas l'outrage.

Oui, je vois trembler vos genoux Que l'Amour tendrement caresse.

Bonne maman, consolez-vous; Prenez un bâton de vieillesse.

70 CHAiNSOP^S

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