‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 31 sur 172 · LE VIOLON BRISE · texte numérisé non relu

LE VIOLON BRISE

Aiii : Je rerjardais MadeUnette.

Viens, mon chien, viens, ma pauvre béte:

Mange malgré mon désespoir.

Il me reste un gâteau de fête;

Demain nous aurons du pain noir, ibis.)

Les étrangers, vainqueurs par ruse.

M'ont dit hier dans ce vallon : « Fais-nous danser! » 3Ioi, je refuse; L'un d'eux brise mon violon.

Plus de fêtes! plus d'heureux jours!

Qui fera danser sous l'ombrage?

Qui réveillera les Amours? {bis.)

Sa corde vivement pressée,

Dès l'aurore d'un jour bien doux.

Annonçait à la fiancée

Le cortège du jeune époux.

Aux curés qui l'osaient entendre, Nos danses causaient moins d'etîVoi.

La gaité qu'il savait répandre Eut déridé le front d'un loi. [bk.)

lin \yîj ijtm iBj-iQSil

DE BERAiNGER. 71

S'il préluda, dans notre gloire, Au\ chants qu'elle nous inspirait.

Sur lui jamais pouvais-je croiie Que l'étranger se vengerait?

Viens, mon chien, viens, ma pauvre béte; -

Mange malgré mon désespoir.

Il me reste un gâteau de fête ;

Demain nous aurons du pain noir, (bis.)

Comliien sous l'orme ou dans la grange Le dimanche va sembler long !

Dieu bénira-t-il la vendange Qu'on ouvrira sans violon?

Il délassait des longs ouvrages , Du pauvre étourdissait les maux; Des grands, des impôts, des orages.

Lui seul consolait nos hameaux, {bis.)

Les haines , il les faisait taire ; Les pleurs amers, il les séchait.

Jamais sceptre n'a fait sur terre Autant de bien que mon archet.

Mais l'ennemi qu'il faut qu'on chasse M'a rendu le courage aisé.

Qu'en mes mains un mousquet remplace Le violon qu'il a brisé, {bis.)

Tant d'amis dont je me sépare Diront un jour, si je péris :

72 CHANSOiSS

Il n'a point voulu qu'un barbare Dansât gaîment sur nos débris.

Viens, mon chien, viens, ma pauvre l)ète

Mange malgré mon désespoir.

fl me reste un gâteau de fête ;

Demain nous aurons du pain noir, {bis.)

Page 1