L'ANGE GARDIEN
An; : Jddis un cclrhre empereur.
A riiospice un gueux tout pcMclus Voit apparaître son l)on ange ; (iaîment il lui dit : Ne faut plus Que Votre Altesse se dérange.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez- vous i)ien.
Sur la paille, né dans un coin, Suis-je enfant du Dieu qu'on nous prêche Oui, dit l'ange; aussi j'eus grand soin Que ta paille fût toujours fraîche.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-vous bien.
Jeune et vivant à l'abandon, L'aumône fut mon patrimoine.
Oui, dit l'ange, et je te fis don Des trois besaces d'un vieux moine.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-vous bien.
Soldat bientôt, courant au fou.
Je perdis une jambe en route.
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Oui, dit range; mais avant peu Cette jambe aurait eu la goutte.
Tout compté , je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-vous bien.
Pour mes jours gras, du vin fraudé >Iit le juge après mes guenilles.
Oui, dit l'ange; mais je plaidai :
Tu ne fus qu'un an sous les grilles.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-AOus bien.
Chez Vénus j'entre en maraudeur; C'est tout fruit vert ([ue j'en rapporte. Oui, dit l'ange; mais, par pudeur, Là, je te quittais à la porte.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-vous bien.
rVun laidron je deviens l'époux.
Priant qu'il ne soit que volage.
r)ui, dit l'ange; mais nul de nous Ne se mêle de mariage.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez- vous bien.
Vieillard, alTranclii de regrets, Au terme heureux enfin atteins-je?
Oui, dit l'ange, et je tiens (ont prêts De Phuile, un prêtre et du vieux linge.
I)K lîERAAGKU.
ïoiil compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-vous bien.
De Tenfer serai-je lial)ilanl.
Ou droit au ciel veut-on que j'aille?
Oui, dit l'ange; ou bien non, pourtant Crois-moi, tire à la courte paille.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez-vous bien.
Ce pauvre diable ainsi parlant Mettait en gaîté tout l'hospice.
Il éternue, et, s'envolant, L'ange lui dit : Dieu te bénisse!
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu; portez- vous bien.