‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 86 sur 172 · LE FEU DU PRISONNIER · texte numérisé non relu

LE FEU DU PRISONNIER

LA FORCF., 1829.

Aiii (lu randrriHe dtt Tarounef.

Combien le feu tient douce compagnie

Au prisonnier, dans les longs soirs d'hiver!

Seul avec moi se chauffe un bon Génie,

Qui parle haut, rime ou chante un vieux air. (bjs.)

Il me fait voir, sur la braise animée,

Des bois, des mers, un monde en peu d'instants, (bis.)

Tout mon ennui s'envole à la fumée. j

0 bon Génie, amusez-moi longtemps. )

Jeune, il me fit rêver, pleurer, sourire; Vieux, il me berce avec mes premiers jeux. Du doigt, dans l'âtre, il signale un navire : Je vois trois mâts sur des flots f)rageux.

Le vaisseau vogue, et bientôt réquipai>e Sous un beau ciel saluera le printemps. Moi seul je reste enchaîné sur la plage. 0 bon Génie, amusez-moi longtemps.

Ici, que vois-je? est-ce un aigle qui vole Et du soleil mesure la hauteur?

C'est un ballon : voici la banderole.

Et la nacelle et le navigateur.

L'audacieux, si la pitié l'inspire.

Doit de ces murs plaindre les habitants. Libre là-haut, quel air pur il respire! 0 bon Génie, amusez-moi longtemps.

D'un canton suisse, ah! voilà bien l'image : Glaciers, torrents, vallons, lacs et trouj)eaii\. J'aurais du fuir quand j'ai j)révu l'orage; La liberté, là, m'ofïVait le repos ■^^. Je franchirais ces monts à crête immense. Où je crois voir nos vieux drapeaux llottanis. Mon C(LHir n'a pu s'ariacher à la France. 0 bon Génie, amusez-moi longtemps.

Dans mon désert encor quelque mirage!

Génie, allons sur ces coteaux boisés.

En vain tout bas on me dit : Deviens sage '^ * ; Plie un genou, tes fers seront brisés, (bis.) Vous, qui, bravant le geôlier qui nous guette. Me rendez jeune à près de cinquante ans, (A/.s.) Sur ce brasier, vite, un coup de bagueth». j 0 bon Génie, annisez-moi longlemps. )

1)K BERANCÎKR.

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