‹ Œuvres complètesChapitre 32 sur 89 · CONTRE DELPHINE · texte numérisé non relu

CONTRE DELPHINE

Etant chez Rebequet ,

Si la soif m'assassine ,

Je prends l'air ^^uilleret

De la sage Delphine ,

Qui fait un seul coup de chopine

Et toujours deux d'un seul luquet'^.

A MADAME DE EIGOULIÈRES

En lui offrant la main pour passer un ruisseau

Vous êtes mille fois plus belle que le jour, Et la neige toujours moins que vous sera blanche. Pour passer le ruisseau d'amour, Je ne voudrais pas d'autre planche.

60 Arnaud Daubctsse

CANSOU

Countro lou moulignè de Pebre *

A la bengudo de Noël , Gounpagnouns , bous cal councebre Qu*abèn un rimur noubèl, Qu*e8 lou moulignè de Pebre. fhisj Perque d*aco s'es couifat, Touts disoun qu*es bengut fat.

Moulignè , boulur acabat , Que ne doublo la moulduro, E que cambio lou boun blat Per,de maysanto mesturo, {hisj Sans crento de se danna , Car nou fay res que pana.

Aquel bourrico 8*es couffat De prouduire sous oubratges ; Bèn en bilo coumo un fat , Accoursat per lous maynatges fbisj Al soun de la Cruilloneû^^ Per lou destraca puleù.

Nas tout fèy pes camouflets, E sot per dessus las bomos, Gaùtos à pourta soufQets , Tèsto remplido de comos ; ( bis) Ase toutjour bien bastat, Gbabriè, tal es soun estât!

You counessi très mestiès Que me serion fort à cargo :

Sèt tailhurs , sèt tessendiès , Sèt moulignès de ta cargo, (bis) Très cots sèt fan bint e un , Bien triples fripouns cadun !

Poésies légères 64

CHANSON

Contre le meunier de Pèbre

A rapproche de Noël,

Âmis^ il faut qu'on célèbre

Le nom d'un rimeur nouvel ,

Et c'est le meunier de Pèbre. {bisj

Il en est si bien coiffé ,

Qu'on dit qu'il est insensé !

Meunier, voleur achevé ,

Qui fait double la mouture ,

Et qui change le bon blé

Contre une affreuse mixture, fbisj

Sans crainte de se damner,

Il ne fait rien que voler.

Cet âne s'est mis en tête De nous réciter ses vers ; Lorsqu'il sort, il est si bête Que, les enfants, ces pervers, {bisJ Pour le détraquer plus vite , En musique lui font suite.

Nez fait pour les camouflets , Sot outrepassant les bornes, Face appelant les soufflets , Tète supportant des cornes , fbisj Ane toujours sous le bât , Chabrié, tel est son état !

Moi , je connais trois métiers Qui me seraient fort à charge :

Sept tailleurs et sept meuniers , Sept tisserands de ta charge. (bisJ Trois fois sept font vingt-et-un , Bien triples fripons chacun ! ^

62 Arnaud Daubasse

AUTRO CANSOU

Countro lou mémo

Messius e damos , Diù bous gard !

¥ou souy bengut per bous fa part D*uno croustilhouso noubèlo , D'un mou] igné cap sans cefbèlo.

Un passo-sot , un double gnès , Lou pus boulur des moulignès , Per fa la pus raendro rimailho , Soun cap net e jour se trabailho.

El cresio de me chagrina !

Se nou sabio'pas may pana , N'aùrio pas balen uno pito £ serio gus touto sa bito.

El qu'enpleno trop lou bouissèl , Cresès , bous , qu'angue diet al Cèl ?

 may usât de panatori , Qu'un noutari de rescritori.

Aquel' pèsto de reboujou, Double boulur, double pinsou , Sot al delay de toutos bornes , Que prèn per capela sas cornos?

Uno perruco de tignous, Un senpèste de legagnous, Qu'on pot dire sans escrupulo , Que semblo lou bourreù de Tulo.

Un abariciùs dès pus grands , Qu'à brèspos , lou jour de Touts Sans , Nou dounèt de soun panatori Qu'un digne per l'Espreçatori.

Poésies légères 63

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