‹ Œuvres complètesChapitre 54 sur 89 · DECLARATION D'AMOUR · texte numérisé non relu

DECLARATION D'AMOUR

Plus qu'un autre , à Tamour j'aurais été sensible ; Un goût trop délicat suspendait tous mes feux : Ce que je désirais paraissait impossible, La reine de Cypris n'eût pu remplir mes vœux.

Je voulais , pour aimer, ui^e beauté parfaite , Qu'elle eût dans ses beaux yeux une vive douceur. Aurait-elle manqué d'un cheveu sur sa tête , Dans l'instant eût péri mon amoureuse ardeur.

Je voulais sur son front voir un air de noblesse , Qui , réveillant l'amour, inspirât le respect. Qu'elle eût dans son esprit de la délicatesse , Alors je devenais amoureux tout à fait.

Mon projet paraissait un enfant du délire.

Cythère , disait-on , n'a vu rien de si beau ; Chacun â mes dépens se permettait de rire , Et moi, du tendre amour j'éteignais le flambeau.

J'avais perdu l'espoir de trouver ce prodige , Lorsqu'un heureux hasard vint t'olTrir à mes yeux. Oui, Titi, je te vis, ce n'est point un prestige, Dans mon cœur ta présence alluma mille feux.

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