‹ Œuvres complètesChapitre 61 sur 89 · A UN MEUNIER · texte numérisé non relu

A UN MEUNIER

A votre beau moulin , on ne voit que des ânes ; Quelle étrenne envoyer où sont tant d'animaux ? \

Les dons les plus parfaits deviendraient tous profanes i

S'ils tombaient au pouvoir de ces êtres lourdeaux. 1

J'ai retenu mes dons , crainte d'une méprise : Aux ânes il ne faut que de paille et de son.

Pour que vous receviez une étrenne à ma guise , Ma main, dans peu de temps, vous donnera du bon.

Il vaut mieux , cher ami , différer mon étrenne , Que d'aller l'exposer à tant d'inconvénients ; Il n'est pas à risquer que moi je m'y méprenne , Je sais vous distinguer des animaux braillants.

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