AU REGENT
Grand Prince , on vous compare à Tange tutélaire Qui prit soin du Sauveur dans ces terrestres lieux, De cet espoir du monde et Tornement des cieux, Lorsqu'il fut aux humains envoyé par son père.
Si je me suis servi de ce sacré mystère , G'est pour mieux exalter votre emploi glorieux ; Pour prendre soin d'un Roy, gage si précieux , Un tuteur comme vous était bien nécessaire.
Pour le bien de l'Etat et pour notre repos, Vous relevez en sage aussi bien qu'en héros.
Prince du même sang , digne de la régence ,
Que de gloire pour vous qui ne se peut borner. Puisque l'on ne doit faire aucune différence , Ou de porter le sceptre ou de le gouverner.
192 Afmaud Daubasse
Qui fit, par son cœur ennobli,
Mettre les Césars à Toubli ,
Les Pompées et les Alexandres :
Le plus grand roy de l'univers
N'est plus que poussière et que cendres ,
Et que la pâture des vers.
Sa mort nous est un beau sermon :
Ce grand roy, rempli de lumières, Admiré comme Salomon Des nations les plus étrangères ; D'une plus haute majesté Que tous ceux de l'antiquité :
Malgré tous ses soins et ses gardes , Ne règne plus que dans les lieux Où les serpents et les lézardes Nichent dans sa bouche et ses yeux.
Au plus grand des enfants d'Adam , Voici ce que mon cœur désire :
Son âme dans le sein d'Abrham , Comme son corps dans un empire * Qui s'appelle des trépassés , Où les sceptres sont renversés , Parce que le Seigneur l'ordonne :
C'est le royaume de la mort , Où la houlette et la couronne N'ont ensemble qu'un même sort.
Odes 193