‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 101 sur 138 · Tome XI. Hist.anc · texte numérisé non relu

Tome XI. Hist.anc

354 IIISTOIKE ANCIENNE.

gyriques dont je parle. L'éloignement du siècle d'Auguste avait fait déchoir beaucoup l'éloquence, qui n'avait plus cette ancienne pureté de langage, cette finesse d'expression , cette sobriété d'ornements , cet air simple et naïf, relevé , quand il le fallait , par une grandeur et une noblesse de style admirable. Mais on trouve dans ces discours beaucoup d'esprit , de fort belles pensées , de tours heureux, de vives descriptions, et des louanges très-solides.

Pour en donner quelque idée, je me contenterai d'en transcrire ici deux endroits en latin seulement. Ils sont tirés du panégyrique prononcé par Nazaire çn l'hon- An j C.32I. Tieur du grand Constantin, le jour de la naissance des deux Césars ses fils. Saint Jérôme parle de ce Nazaire comme d'un célèbre orateur ; et il dit ([u'il avait une fille aussi estimée que lui pour l'éloquence.

Premier endroit.

Nazaire parle ici des deux Césars.

- Nobilissimorum Caesarum laudes exsequi velle , studium quidem dulce , sed non et cura mediocris est; quorum in annis piibescentibus non erupturae virtutis tuniens gernien , non llos prœcursor indolis bonae lajtior quàm uberior apparet; sed jam facta grandifera , et contra rationem œtatis maximorinnque fructuum matura pereeptio. Qtiorum alter jam obterendis hostibus gravis terrorem paternum, quo semper barbaria omnis intremuit, derivare ad nonien suum cœpit : alter jam consulatum^ jam venerationeni siiî , jam patrem sentiens , si quid intacttim aut parens aut frater reservet, déclarât mox victorem tuturum, qui anime jam vincit aetatem. Pvapitur quippè

SCIENCES ET AFxTS. 355

ad similitudinem suorum excellens qua^que natura , nec sensim ac lente indiciiim promit boni, quum involucra infantiae vividum rumpit ingenium. »

Second endroit.

Nazaire loue dans Constantin une vertu bien rare dans les princes, mais bien estimable: c'est la continence. Il y ajoute aussi quelques autres louanges.

« Jam illa vix audeo de tanto principe commemorare, quôd nullam niatronariim cui forma emendatior fuerit boni sui piguit ; quum sub abstinentissimo imperatoro species luculenta , non incita trix licentiaj esset, sedpudoris ornatrix. Quae sine dubio magna, seu potiùs divina laudatio, saepè et in ipsis etiam philosophis, non tam re exhibita , quàm dispulatione jactata. Sed remittamus hoc principi nostro , qui ita temperantiam ingenerare omnibus cupit, ut eam non ad virtutum suarum decus adscribendam, sed ad naturœ ipsius honestatem l'eferendam arbitretur. Qnid faciles adltus? quid aures patientissimas? quid benigna responsa? quid vultum ipsum augusti decoris gravitate, hilaritate permixta , venerandum quiddam et amabile renidentem , quis digne exsequi possit i' ■

Peut-on rien de plus solide que cette pensée ? Nulle dame^ quelque belle quelle ait été., na eu lieu de s'en repentir : parce que , sous un prince aussi sage que Constcuitin , la beauté n'est point un attirât à la licence, rnais un ornement ci la pudeur. Et pouvait elle être mieux exprhnée? quu/n sub cd)sti tient issinio imperatore species luculenta , non incitatrix licentiœ esset ., sed pudoris ornatrix.

356 HISTOIRE ANCIEIVNE.

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