‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 11 sur 138 · PLAUTE · texte numérisé non relu

PLAUTE

Aul. Geii. Plante (31. accius Piaulas) était de Saline, ville

, c. j. çi'Qj^^jjpjç. çj^ Italie ( dans la Romagne ). Il se rendit

célèbre à Rome par ses comédies dans le même temps

que les trois derniers poètes dont il vient d'être parlé.

Aulu-Gelle rapporte , d'après Varron , qiie Plante , s'étant voulu mêler du négoce, et y ayant perdu tout ce qu'il avait, fut obligé, pour vivre, de se donner à un boulanger , chez qui il tournait une meule de moulin.

Il ne reste de tous les autres poètes qui avaient paru jusqu'à lui , que quelques fragments. Plante a été plus heureux. Vingt de ses comédies presque entières ont résisté au temps, et sont parvenues jusqu'à nous. Il y a beaucoup d'apparence que ses pièces se sont mieux conservées que celles des autres , parce qu'étant

I « Ditlssîmus , notilissimus, eloquenti.ssiiiiu.s , juriscoiisultib.siiuus , pontifcx luaxiruus. »

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trouvées plus agréables, elles étaient aussi plus souvent redemandées. On ne les jouait pas seulement du temps d'Auguste ; il paraît , par un passage d'Arnobe, qu'elles Arnob.i. r. étaient encore jouées du temps de Dioclétien , trois cents ans après la naissance de Jéius-Clirist.

On a porté divers jugements de Plante. Il me semble que pour l'élocution il est généralement estimé, sans doute par rapport à la pureté, à l'exactitude, à l'énergie, à l'abondance, et même à l'élégance du discours. Varron disait que, si les Muses voulaient parler en latin, elles emprunteraient le langage de Plante : li'cel Qumtii.i. lo,

Vairo dicat Musas plautino sermone locuturas '^'''''

fuisse, si latine loqui vellent. Un tel éloge n'excepte rien , et ne laisse rien à désirer. Aulu-Gelle n'en parle pas moins avantageusement : Plauius, homo liiiguœ •^'i'- ^^^eii. alque élégant iœ in verbis latinœ princeps. u. 7^ t- i?-

Horace , bon juge sans doute en cette matière , ne paraît pas favorable à Plante. Je rapporterai l'endroit entier.

At nostri proavi plautinos et numéros et „

Laudavere sales : niriiiùm patienter utrumquc, de Ariepoet.

Ne dicam stultè, mirati; si modo ego et vos [^-270.]

Scimns inurbanum lepido seponere dicto, Legitimiimqiie sonum digito callemiis et aure.

« Nos ancêtres , dit-il aux Pisons , ont loué et admiré « les vers et les railleries de Plante , un peu trop bonce nement , pour ne pas dire sottement ; s'il est vrai « que vous et moi saclnons distinguer dans les railleries « le délicat d'avec le grossier, et que nous ayons l'oreille « assez fine pour bien juger du son et de la cadence des « vers. » Cette critique peut faire d'autant plus de tort

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