‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 128 sur 138 · ANTIPATER · texte numérisé non relu

ANTIPATER

Antipater était de Sidon. Il est souvent parlé de lui dans le quatrième livre des Questions académiques comme de l'un des stoïciens les plus habiles et les plus estimés. Il avait été disciple de Diogène le Babylonien , et Posidonius fut le sien.

PANÉTIUS.

Panétius a été sans contredit un des plus célèbres philosophes de la secte stoïcienne. Il était Rhodien, et

Strab. 1. 14. A • l'i '11'

paji.esa. ses ancêtres avaient commande les armées de la republique. On peut placer sa naissance vers le milieu de An.m.38i4. la i4B^ olympiade.

Il répondit parfaitement aux soins particuliers qu'on avait pris de son éducation, et se livra tout entier à l'étude de la philosophie. L'inclination, peut-être les préjugés, le déterminèrent en faveur de la secte des stoïciens , alors très-accréditée. Antipater de Tarse fut

ï te Ei de ira qmim niasimè disse- Non quideni , inrjuit , irascor : sed renli adolescens protervus inspuit. dubito tamen an irasci oportcat. » Tulit hoc ille leniter ac sapienter. (Sen. de Ira, lib. 3, cap. 38.)

SCIENCKS £T ARTS. 4^ '

son maître. Il l'écoiitu en homme qui connaissait les De Divin, droits de la raison : et, malgré la déférence aveugle • ' • ' avec laquelle les stoïciens recevaient les décisions des fondateurs du Portique, Panétius abandonna sans scrupule celles qui ne lui parurent pas suffisamment établies.

Pour satisfaire son désir d'apprendre, qui était sa passion dominante, il quitta Rhodes, peu touché des avantages auxquels semblait le destiner la grandeur de sa naissance. I^es personnes les plus distinguées en tout genre de littérature se rassemblaient ordinairement à Athènes , et les stoïciens y avaient une école fameuse. Panétius la fréquenta avec assiduité , et en soutint dans la suite la réputation avec éclat. Les Athéniens, résolus i,,^^,] i^ de se l'attacher, lui offrirent le droit de bourgeoisie: il .^..f"'"-^; les en remercia. «Un homme modeste, leur dit -il, au « rapport de Proclus, doit se contenter d'une seule pi„t. de « patrie. » En quoi il imitait Zenon, qui, dans la crainte ^^«'^1034. de blesser ses citoyens, ne voulut point accepter la même grâce.

Le nom de Panétius ne tarda guère à passer les mers. Les sciences , depuis quelque temps , avaient fait à Rome des progrès considérables. Les grands les cultivaient à l'envi , et ceux que leur naissance ou leur capacité avaient mis à la tête des affaires se faisaient un honneur de les protéger efficacement. Voilà les circonstances dans lesquelles Panétius vint h Rome. Il y était ardemiiient souhaité. La jeune noblesse courut à ses leçons, et il compta parmi ses disciples les Lélius et les Scipions. Une amitié tendre les unit depuis ; et Panétius, comme le témoignent plusieurs écrivains, accompagna Scipion dans ses diverses expéditions. En

4^2 HISTOIRE ANCIENNli.

revanche, cet illustre Romain lui donna, dans une occasion éclatante, des marques de la confiance la plus flatteuse. Panétius fut le seul sur lequel il jeta les yeux, lorsque le sénat le nomma son ambassadeur auprès des peuples et des rois de l'Orient alliés de la république ^ .

Plut, in Mo- Les liaisons de Panétius avec Scipion ne furent pas inural. p. 814. . . , ^

tiles aux Rhodiens, qui employèrent souvent avec succès le crédit de leur compatriote.

On ne sait point précisément l'année de sa mort. Cicéron nous apprend que Panétius a vécu trente ans après avoir publié le traité des devoirs de l'homme, que Cicéron a fondu dans le sien : mais on ne sait pas en quel temps ce traité a paru. On peut juger qu'il le publia à la fleur de son âge. Le cas et l'usage que Cicéron en a fait en traitant la même matière sont de bons garants de l'excellence de cet ouvrage , dont la perte doit être regrettée. Il en avait composé beaucoup d'autres, dont on peut voir le dénombrement dans le mé- Tome X des i^ioirc dc M. l'abbé Sevin sur la vie et sur les ouvrages ^fu-rà'de'l* de Panétius, que je n'ai fait qu'extraire dans ce que j'en Celles- Lettr. gf rapporté ici.

Il faut avouer, à la louange des stoïciens , que, moins occupés que les autres philosophes de spéculations frivoles et souvent dangereuses, ils consacraient leurs veilles à l'éclaircissement de ces grands principes de la morale, qui sont le plus ferme appui de la société : mais la sécheresse et la dureté qui régnaient dans leurs écrits aussi -bien que dans leurs mœurs rebutaient la plupart des lecteurs , et diminuaient beaucoup l'utilité

' P.Africanl hiitoriae loquuntur, fuisse.» ( Cic.' Acad. Quœst. lib. 4 > in legatione illa nobili quam obiit , n. 5.) Panœtium unuiu onrninô coinitem

qu'on en aurait pu tirer ^ L'exemple des fondateurs du Portique, Cléanthe et Chrysippe, ne séduisit point Panétius. Attentif aux intérêts du public, et persuadé que Futile ne passe d'ordinaire qu'à la faveur de l'agréable, à la solidité du raisonnement il joignit la beauté et l'élégance du style , et répandit dans ses ouvrages les grâces et les ornements dont ils étaient susceptibles.

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