‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 62 sur 138 · APPIEN · texte numérisé non relu

APPIEN

x-^ppien était d'Alexandrie. 11 vivait du temps de Trajan , d'Adrien et d'Antonin. Il plaida quelque temps à Rome; puis il eut l'intendance du domaine des empereurs.

Il écrivit l'histoire romaine, non tout de suite comme Tite-Live, mais faisant un ouvrage à part de chacune des nations subjuguées par les Romains , où il mettait , selon l'ordre du temps , tout ce qui regardait la même nation. Ainsi son dessein était de faire untf histoire exacte des Romains , et de toutes les provinces de leur empire, jusqu'à Auguste : et il allait aussi quelquefois jusqu'à Trajan. Photius en compte vingt-quatre livres , et il n'avait pas néanmoins encore vu tous ceux dont Appien parle dans sa préface.

Nous en avons aujourd'hui l'histoire des guerres d'Afrique, de Syrie, des Parthes, de Mithridate, d'Ibérie ou d'Espagne, d'Annibal; des fragments de celles d'Illyrie ; cinq livres des guerres civiles au lieu des huit que marque Photius, et quelques fragments de plusieurs autres , que M. Valois a tirés des recueils de Constantin Porphvrogénète , avec des extraits semblables de Polvbe et de divers autres historiens.

Photius remarque que cet auteur aime extrêmement la vérité de l'histoire, et qu'il apprend autant qu'aucun

autre l'art de la guerre : que son stvle est simple et sans superflulté, mais vif et animé. Dans ses harangues il tienne d'excellents modèles de la manière dont il faut s'y prendre , soit pour redonner du courage à des soldats abattus, soit pour les adoucir quand ils s'emportent avec trop de violence. H prend beaucoup de choses de Polybe , et copie souvent Plutarque.

DIOGÈIVE LAERCE.

Diogène Laërce, ou de Laërte^ a vécu sous Antonni, ou peu après lui. D'autres ne le mettent que sous Sévère et ses successeurs. Il a écrit en dix livres les Vies des philosophes , dont il rapporte avec soin les sentiments et les x\pophthegmes. Cet ouvrage est fort utile pour connaître les différentes sectes des anciens philosophes.

Le surnom de Laërte , qu'on a accoutumé de lui donner, marque apparemment son pays, qui pouvait être le château ou la ville de Laërte dans la Cilicie.

On tire de ses écrits qu'après avoir bien étudié l'histoire et les dogmes des philosophes , il avait embrassé la secte des épicuriens, les plus éloignés de la vérité et les plus opposés à la vertu.

DION CASSIUS (CoccEiusuu Cocceianus ).

Dion était de Nicée en Bithynie. Il a vécu sous les empereurs Commode, Pertinax , Sévère, Caracalla , Macrin , Hé^iogabale , Alexandre , qui eurent toujours pour lui une grande considération , et lui confièrent les gouvernements et les postes de l'empii'e les plus importants. Alexandre le nomma pour être une seconde fois consul. Après ce consulat , il obtint la permission a ,./.i;.-aq.

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d'aller passer le reste de sa vie en son pays , à cause de ses infirmités.

Suidas. H a écrit en huit décades, c'est-à-dire en quatre-

vingts livres , toute l'histoire romaine , depuis la venue Dio, 1.72, d'Enée en Italie jusqu'à l'empereur Alexandre. Il nous pag- 29. appj^ç.2^(^| lui-même qu'il employa dix ans à ramasser des mémoires de tout ce qui s'était passé depuis la fon- , dation de Rome jusqu'à la mort de Sévère, et douze autres années à en composer l'histoire jusqu'à celle de IJ. lib. 80, Commode. Il y joignit ensuite celle des autres empereurs avec le plus d'exactitude qu'il put jusqu'à la mort d'Héliogahale , et un simple abrégé des huit premières années d'Alexandre, parce qu'ayant été peu en Italie pendant ce temps-là , il n'avait pas pu si bien savoir comment les choses s'étaient passées.

Photius remarque que son style est élevé , et proportionné à la grandeur de son sujet : que ses termes sont magnifiques, que sa phrase et son tour sentent l'antiquité : qu'il a pris Thucydide pour son modèle , qu'il l'imite excellemment dans sa manière de narrer et dans ses harangues , et qu'il l'a suivi presqu'en tout , sinon qu'il est plus clair. Cet éloge est bien favorable à Dion ; mais je ne sais s'il ne passe pas un peu les bornes du vrai.

Vossius dit, et Lipse avait pensé de même avant lui , qu'on ne peut pardonner à cet historien de n'avoir pas su estimer la vertu selon son prix , et d'avoir décrié les plus grands hommes de l'antiquité, comme Cicéron, Brutus , Cassius , Sénèque , soit par une malignité d'esprit , soit par une corruption de mœurs et de jugement. Le fait est constant ; et , quoi qu'il en soit du motif, la chose en soi ne peut jamais lui faire d'honneur.

Il avait fait, comme nous avons dit, quatre-vingts livres de l'histoire romaine : mais il ne nous reste qu'une bien petite partie de ce grand ouvrage : car les trente-quatre premiers livres sont perdus , avec la plus grande partie du trente-cinquième, hors quelques fragments. Les vingt suivants , depuis la fin du trente-cinquième jusqu'au cinquante-quatrième, sont ce qu'on en a de plus entier. Vossius croit que les six suivants , qui vont jusCJu'à la mort de Claude , le sont aussi. Mais Buchérius soutient qu'ils sont fort tronqués : et cela paraît fort vraisemblable. Nous n'avons des vingt derniers que quekjues fragments.

Ce qui supplée un peu à ce défaut , c'est un abrégé de Dion, depuis le trente-cinquième livre et le temps de Pompée juqu'à la fin , composé par Jean Xipliilin , patriarche de Constantinople dans le onzième siècle. On trouve que cet abrégé est assez juste, Xipliilin n'ayant rien ajouté à Dion qu'en très - peu d'endroits où cela était nécessaire , et s'étant d'ordinaire servi de ses propres termes. L'histoire de Zonare se peut dire encore un abrégé de Dion ; car il le suit fidèlement , et nous apprend quelquefois des chosess que Xipliilin avait omises.

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