‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 65 sur 138 · PHOTIUS · texte numérisé non relu

PHOTIUS

Photius, patriarche de Constaiitinople, a vécu dans le neuvième siècle. Il était d'une érudition immense, et d'une ambition encore plus vaste, qui le porta à d'horribles excès, et causa des troubles infinis dans l'Eglise. Mais ce n'est pas de quoi il s'agit ici.

Je le place parmi les historiens grecs , et je finis par lui ce qui les regarde, non qu'il ait composé une histoire en forme, mais parce que, dans l'un de ses ouvrages, il nous a donné des extraits d'un grand nombre d'historiens, dont plusieurs, sans lui, nous seraient presque absolument inconnus. Cet ouvrage est inti- '' tulé Bibliothèque % et en effet il mérite ce nom. Photius y examine près de trois cents auteurs, et en marque le nom, le pays, le temps où ils ont vécu, les ouvrages qu'ils ont composés, le jugement qu'il en faut porter pour le style et le caractère, et quelquefois même en extrait d'assez longs morceaux, ou en fait des abrégés qui ne se trouvent que dans cet ouvrage. On voit par là combien il nous est précieux.

ARTICLE II

Des historiens latins.

Je ne m'arrêterai pas long - temps à décrire les faibles commencements et, pour ainsi dire, l'enfance de l'histoire romaine. On sait que d'abord elle ne consistait que dans de simples mémoires dressés par le grand - pontife ^ , où il insérait régulièrement chaque

' BiêXicôrixr, Yi u.'jpio'C'.êXcv. annaUum confectio : cujus rei memo-

2 <c Erat historia iiihil alind nisi riaequc publicae retinendae causa, ab

SCIEIVCES ET ARTS. Iq3

année tout ce qui se passait de plus considérable dans l'état, soit en paix, soit en guerre; et cette coutume, établie dans les commencements de Rome, dura jusqu'au temps de P. Mucius, grand-pontife, c'est-à-dire jusqu'à l'année de Rome 629 ou 63 1. On donnait à ce^ mémoires le nom de grandes annales.

On juge bien que ces mémoires, dans des temps si reculés, étaient écrits d'un style fort simple, et même fort grossier. Les pontifes se contentaient d'y marquer les principaux événements de chaque année % le temps et le lieu où ils étaient arrivés, le nom et les qualités des personnes qui y avaient eu le plus de part, ne songeant qu'à narrer les faits, non à les orner.

Quelque brutes et imparfaites que fussent ces annales, elles étaient d'une grande importance, parce qu'on n'avait point d'autres monuments qui pussent conserver la mémoire de tout ce qui se passait à Rome; et ce fut une grande perte lorsque l'incendie de la ville par les Gaulois en fit périr la plus grande partie^.

Quelques années après, l'histoire commença à quitter cette grossièreté antique, et à se produire en public avec plus de décence. Ce furent les poètes, qui les premiers songèrent à l'embellir et à l'orner. Névius fit un poëme sur la première guerre punique, et Ennius écrivit en vers héroïques les annales de Rome.

initio rerum romanarum usque ad locorum , gestanunque rerum , reli-

P. Mucium pojntificem maximum res querunt. Non exomatores rerum,

omnes slngulorum annorum manda- sed tantummodù narratores fye-

bat litteris pontifex maximas..., qui runt. » (Ibid. n. 54.) etiam nunc annales maximi nomi- ^ " Si quas in commentariis pon-

nantur. » (Cic. de Orat. lib. 2 , n.Sa.) tifîcum , aliisque publicis privatisque

' « Sine ullis ornamentis monu- erant monumentis,incensâ urbe ple-

raenta solùm temporum , hominum , raque intcrierunt.» (Liv.lib. 6, n. i.)

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