‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 90 sur 138 · DINA ROUE · texte numérisé non relu

DINA ROUE

i'iut. iu Diu.

Dinarque , natif de Corinthe , selon quelques - uns , vint s'établir à Athènes dans le temps qu'Alexandre poussait ses conquêtes dans l'Asie. Il fut disciple de Théophraste, qui avait pris la place et l'école d'Aristote, et fit aussi une liaison particulière avec Démétrius de Phalère. Il ne plaidait pas par lui-même , mais composait des plaidoyers pour ceux qui avaient des procès.

• « Dulcisimprimls et acutus Hj- non dixerim utilior, magîs par.» pei'ides : sed iniuoiibus causis, ut (Quint, lib. io,cap. i.)

Il se proposa pour modèle Hypéride , ou plutôt , selon d'autres , Démosthène , dont le style vif et véhément convenait mieux à son caractère.

Changement aï rivé chez les Grecs dans V éloquence.

L'espace qui s'est écoulé depuis Périclès jusqu'à Démétrius de Phalère , dont nous allons parler, a été le beau temps de l'éloquence chez les Grecs : cet espace est à peu près de cent trente ans. Avant Périclès , la (jrèce avait eu beaucoup de grands hommes pour le gouvernement, pour la politique, pour la guerre; et l'on y avait vu une foule d'excellents philosophes : mais l'éloquence y était peu connue. Ce fut lui , comme je l'ai déjà observé, qui le premier la mit en honneur, qui en montra la force et le pouvoir, et qui en fit naître le goût. Ce goût ne fut pas commun à toute la Grèce : parle-t-on, dans ces temps-là, de quelque orateur argien, corinthien, ou thébain? Il se renferma dans iVthènes , qui porta , dans les cinquante dernières années de l'espace dont je parle, ce grand nombre d'iljustres orateurs, dont le mérite lui a fait tant d'honneur et a rendu sa réputation immortelle. Tout ce temps-là fut connne le règne de la saine et de la vraie éloquence , qui ne connaît et n'admet d'autre parure qu'une beauté naturelle et sans fard. Hœc œtas Crut.u.3G. e/fudit hanc coviam; et, ut opinio meaferi, succus die et sangids incorruplus usque ad hanc œtatem oratorunifuit; in quo tuiluralis inessel, non fucalus nitor.

Tandis que l'on se proposa ces grands orateurs pour modèles et que Ton fut fidèle à les imiter, le goût de la bonne éloquence, c'est-à-dire d'une éloquence mâle et

solide, se conserva clans toute sa pureté. Mais quand, après leur mort , on eut commencé à les perdre insensiblement de vue et à suivre d'autres routes , une éloquence d'un nouveau genre , plus parée et plus embellie, succéda à l'ancienne et la fit bientôt disparaître. Ce fut Démétrius de Phalère qui causa ce changement ; et c'est de lui qu'il me reste à parler.

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