C. MARCIUS RUTILUS. II
,L« Le dernier de ces consuls fut tiré du peuple. La
plébéiens r r
remis en réuuiou entre le sénat et le peuple étant déjà bien
possession , .
du consulat, avauccc , Ics dcux uouvcaux consuls travaillèrent à ter- Affaire des miner l'affaire des dettes qui y mettait encore quelque terminée, obstaclc , et pour cct effet ils firent nonnner cinq commissaires % qui furent chargés de ce soin. La commission n'était pas aisée ni agréable , parce que dans ces sortes d'affaires on mécontente toujours une des parties intéressées, et souvent toutes les deux. Ici les commissaires se conduisirent avec toute la modération et toute la prudence possible. Comme la plupart des débiteurs tardaient de payer leurs dettes, moins jxir impuissance que par négligence et par défaut d'ordre dans leurs ;iiffaires , l'état se mit en la place des créanciers , et ayant fait dresser des comptoirs dans la place avec de l'argent , paya les dettes, après avoir pris ses sûretés, ou bien, faisant estimer à un prix raisonnable les fonds de terre et les maisons des débiteurs, il les adjugeait à leurs
' Ils furent appelés ine/isnrii, que nés revêtues de l'autorité publique,' Ton traduit tirdinairem^nt par iaw- et travaillant sans intérêt. ijiucis. IMais ce sont ici des person-
iiiSToinr: «omaijve. 4^3
créanciers. Par ce nioyeii , sans faire injustice à j)crsonne , et sans donner aucun sujet de plainte , un grand nombre de dettes furent acquittées.
§ II. Censeur tiré du peuple. Guerre contre les Gnulois et les pirates de Grèce. Valh'e tue un Gaulois dans un combat singulier ^ et est surnommé Cor vus. // est créé consul à vingt-trois ans. Les pirates se retirent. Peste à Rome. Traité avec les Carthaginois. Intérêt réduit à un demi pour cent. Volsques, Antiates, Aurunces vaincus. Temple érigé à Junon Monêta. Les Bomains, à la prière des habitants de Capoue ^ portent leurs armes contre les Samnites , nom'eaux et formidables ennemis. Ils rempojtent sur eux une victoire considérable sous la conduite du consul Valère. Vautre armée y par V imprudence du consul Cornélius , est exposée à un extrême danger., dont le courage de Décius, tribun légionaire, la délivre heureusement. Les Samnites sont entièreme/it défaits. Falère gagne une nouvelle bataille.
c. si:lpicius p^ticus. v. an. r. 40/,.
Av. J.C. 348.
T. QUIMTIUS PENNUS.
Ces deux consuls étaient patriciens. Sous leur consulat , on accorda aux 'Falisques et aux Tarquiniens une trêve de quarante ans.
Comme le j)aiement des dettes avait causé beaucoup Censeur tiré de cbangements dans les fortunes des particuliers, et û^^\^.]\ que bien des terres et des maisons avaient j)assé à de '^i'^'^nouveaux maîtres, on jugea (ju'ij était nécessaire de
taire le dénombrement. L'assemblée étant indiquée pour l'élection des censeurs , Marcius llutilus , plébéien , se présenta parmi ceux qui demandaient cette charge. C'était lui qui le premjer avait fait entrer la dictature dans l'çrdre du peuple, et il se fît un point d'honneur d'y faire entrer aussi la censure. Il trouva une grande résistance de la part des consuls , tous deux patriciens , et fort zélés pour leur corps. Mais son mérite , capable de soutenir avec supériorité les plus grandes charges de l'état , et les efforts extraordinaires du peuple , l'emportèrent , et il fut nommé censeur avec Cn. Manlius. Cette charge, depuis son établissement, c'est-à-dire depuis quatre-vingt-douze ans , était toujours demeurée entre les mains des patriciens.
Festus parle d'une loi proposée par le tribun Ovinius ^ , qui regardait le choix des sénateurs ou leur exclusion par les censeurs , et qui enjoignait à ces magistrats d'avoir attention à ne faire entrer dans le sénat que les citoyens les plus vertueux. Festus est le seul qui fasse mention de cette loi. Il n'en marque point le temps. On conjecture qu'elle fut portée dans l'année dont il s'agit ici.
Anf. R. /,o5. M. POPILLIUS L^NAS. III.
Av. J.C. S/,;.