C. JULIUS
Troubles do- Lcs cousuls, s'étaut apcrcus de quelques secrètes mes iques. j^^j^^^g ^^jgg tribuus coiitrc la jeunesse patricienne, qui pouvaient allumer bientôt le feu de la sédition, si on n'y apportait remède , trouvèrent le moyen de contenir le peuple dans le devoir, en menaçant de foire des levées de troupes pour porter la guerre chez lesVolsques et chez les Eques, mais tenant toujours la chose en suspens sans l'exécuter. Ainsi , sans s'élever contre la puissance des tribuns, sans commettre la majesté du sénat, ils firent jouir l'état d'une paix tranquille au-dedans et au-dehors, du moins pendant la plus grande partie de l'année.
Dans les derniers mois, la division et l'antipathie entre les deux ordres se fit sentir. La jeunesse patricienne, toujours fière et entreprenante, vexait ceux des plébéiens qui étaient les plus faibles et les plus exposés à l'injure, sans que ceux-ci trouvassent dans les tribuns le secours et Fappui qu'ils avaient lieu d'en attendre, parce que les tribuns eux-mêmes, doux jus-
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qu'à la faiblesse, n'étaient pas à l'abri de la violence et des mauvais traitements de la jeunesse patricienne. Le peuple, par cette raison, n'était point content de ses tribuns, et disait bautement que, pour se mettre en sûreté et maintenir ses droits, il lui fallait des Icilius. Les anciens du sénat % de leur part, sentaient bien que leur jeunesse était trop remuante et allait trop loin. Mais, dans cette espèce de nécessité que l'un des deux partis passât les bornes de la modération , et dans l'impossibilité de tenir la balance du gouvernement dans un juste équilibre, ils aimaient mieux qu'elle pencbât de leur coté, et que leurs jeunes gens poussassent la fierté et la bauteur un peu trop loin , plutôt que leurs adversaires : tant il est difficile , dans ces sortes de querelles, de se tenir dans un juste milieu, et de ne point s'écarter des règles sévères de la justice! Cbacun, sous prétexte de vouloir se conserver dans l'égalité, s'applique à abaisser les autres; et, pour n'être point en état de les craindre et d'avoir à en souffrir, on se rend terrible soi-même, et on les vexe: comme s'il était nécessaire que de part ou d'autre il y eût de la violence , et qu'on ne pût se mettre à l'abri de l'injure sans la faire tomber sur les autres.
Si l'on veut y faire réflexion, on trouvera que cette disposition des esprits, si bien dépeinte ici par ïite- Live, était la véritable source de tous les troubles qui
' « Senlores contrà patrum , ut primat aliuni, in difficili est; caven-
nimis féroces suos credere juvenes «loque ne metuant homines ,metuen-
esse, ita malle si modus cxcedendus dos ultrô se etïiciuni; et iojuriam a
esset, suis, qiiàiu ad versariis, super- nobis lepulsam, tamquam aut lacère
esseaniinos. Adeô moderatiotuendîe aut pati necesse sit , injungimus
libertatis, dum a-quîjri \elle simu- aliis. - ( Liv. ) laodo ita se quisque extollit , ut de-