T. QUINTIUS CAPITOLINUS. V
Élection de II sc fît SOUS ces cousuls uu nouvcl établissement, qu
censeurs, dcviut daus la suite fort considérable. ^'p^Tiv " Comme un esprit de conquête était le caractère do- ^'"^n's ^' minant de la nation, le roi Servius, pour avoir une ressource assurée et d'hommes et de finances , avait ordonné qu'il se ferait tous les cinq ans un dénombrement de tous les citoyens romains, avec une évaluation exacte des biens de chaque particulier. Le prince , ou le magistrat , par ce dénombrement , savait presqu'en im in-
rent , à proprement parler, qu'eu qui ne distingue point l'année où
3 II . Comme je suis en tout sa chxo- l'on entrait en charge de celle où on
nologie , je m'accommode ici à sa l'exerçait.
manière de compter , quoiqu'elle pa- • On lit dans Tite-Live T. Cœcl-
raisse s'écarter de celle de Tite-Live , lius.
HISTOIRE ROMAINE. I Sq
staiit ce que Home avait d'habilants capables de porter les armes , et quelle contribution on en pouvait tirer.
Les consuls des années précédentes étant continuellement occupés ou à faire la guerre contre les peuples voisins , ou à résister aux entreprises des tribuns , on avait négligé de faire le dénombrement. Cet usage ayant été interrompu pendant dix-sept ans , depuis le consulat de L. Cornélius et de Q. Fabius , on ne connaissait que les gens rangés, et ils étaient les seuls qui servissent dans les troupes, tandis que les libertins, qui n'étaient point enregistrés , changeaient de demeure selon leur caprice , et vivaient dans l'indépendance.
Pour obvier dans l'avenir à cet inconvénient, on jugea à propos de décharger les consuls d'un soin qui les obligeait de descendre dans des détails peu convenables à la dignité consulaire. On songea donc à ériger une nouvelle magistrature pour remplir ce ministère , peu considéré jusque-là. Quelque méprisable qu'elle parût, le sénat ne s'y refusa point, soit qu'il fût bien aise d'augmenter le nombre des charges patriciennes , soit qu'il prévît que celle-ci prendrait de grands accroissements et deviendrait fort importante. Les tribuns , de leur côté, regardant cette fonction comme plus nécessaire qu'honorable , ne songèrent point à la contester au sénat , ni à demander que les plébéiens y fussent admis , pour ne point paraître s'opposer mal à propos , jusque dans les plus petites choses, à tout ce que voulaient les patriciens. Les premiers qu'on nomma pour cette charge furent Papirius et Sempronius. Ces magistrats furent appelés censeurs^ parce qu'ils présidaient au cens^ ou dénombrement du peuple.
Ici finit ce qui nous reste de l'histoire de Denys
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(l'IIalicarnasse. On ne peut trop regretter la perte des livres qui nous manquent, et qui allaient jusqu'au commencement de la première guerre punique.
Ce que le sénat avait prévu au sujet de la censure arriva effectivement par la suite des temps. Cette charge % si modique dans son origine, devint une des plus considérables de l'état. La chaise curule , la pourpre , et presque toute la pompe du consulat , à l'exception des licteurs , furent les moindres avantages de la censure. Le dénombrement des citoyens , qui seul d'abord faisait toute leur occupation , fut bientôt suivi de soins plus honorables et plus importants. La manutention des mœurs et de la discipline leur fut confiée, et en conséquence le droit de punir les sénateurs , les chevaliers , les citoyens du peuple , par une honteuse dégradation. Ils furent chargés de ce qui regardait l'entretien des édifices publics , tant sacrés que profanes , des grands chemins , des aqueducs , et d'autres choses pareilles. Enfin ils eurent l'intendance des revenus de la république. Ils en passaient les baux aux fermiers, connus sous le nom Républicains, et jugeaient les contestations qui pouvaient arriver à ce sujet. Comme toutes ces fonctions de la censure font partie de l'histoire romaine , et qu'il en sera fait souvent mention , j'ai cru qu'il était à propos d'en donner ici une légère idée.
• « Hic annus censurae initium risque discrinien sub ditione ejus
fuit, rei a parva origine ortae , quae magistiatùs , publicornm jus priva-
tleiudè tanto iiicremento aucta est , torumque locornm , vectigalia popu-
ut raorum disciplinaeque romanx li romani , sub nntu atque arbitrio
pênes eam reginien, senatus equî- essent. » ( Liv. lib, 4> n. 8.) tumque centuria; , decoris dedeco-
HISTOIRE ROMAINK.
Description sommaire des fonctions de la censure.
Le cens , ou dénombrement des citoyens , qui se terni inait par une cérémonie appelée lusti^e , pour la raison qui sera expliquée dans la suite , fut la première (onction des censeurs. Le cens avait été établi par Scrvius Tullius, le sixième roi des Romains. Ce prince, Vai Max pendant son règne, fit quatre fois le dénombrement : •''^•^' *^- '*■ il n'y a que le premier qui soit connu. Tarquin-le- Superbe , ennemi de tout bien et de la mémoire de Servius , négligea cet établissement si utile. Après l'expulsion des rois , les consuls furent chargés de ce soin jusqu'à l'établissement de la censure. Il y eut dix dénombrements ou lustres, jusqu'au premier fait par les censeurs, qui fut le onzième. J'en donnerai ici une table abrégée , qui servira à faire connaître l'état et les forces du peuple romain jusqu'au temps dont nous parlons.