L. SERGIUS FIDÉNAS
Sergius marcha contre le roi des Véiens, et remporta sur lui une victoire assez considérable, mais qui lui coûta cher. Aussi la perte d'un grand nombre de citoyens qui y périrent affligea plus Rome que la défaite des ennemis ne lui causa de joie. Il paraît que ce fut cette victoire qui fit donner au consul le surnom de Fidénas.
,p , Pour terminer heureusement cette guerre , le sénat
est tiK- dans ç^wi (levoir nommer un dictateur. On choisit Mamercus
le combat
par Cossus, ^milius. Il prit pour général de la cavalerie L. Quin-
quircmporte ....
les secondes tius Ciiicinnatus, dont le mérite, dans une assez grande
dépouilles . , . . . , . y . , . - ^
opirnes. jcuncsse, répondait déjà a la réputation de son père, et
ÎIISTOIRE ROMAINE. 1G7
qui , l'année précéclento, avait été un des collègue d'/E- Liv. iii>. 4. nnlius dans la charge de triLun militaire. Aux levées "' '^''°' (jue les consuls avaient faites, se joignirent de vieux centurions fort aguerris et pleins de courage. On remplaça le nombre des soldats qui avaient été tués dans le dernier combat. QuintiusCapitolinus et M. Fabius Y ibulanus suivirent le dictateur en qualité de lieutenants.
Les deux armées en vinrent aux mains près de Fidènes. Celle des ennemis était plus nombreuse. Les Véïens étaient placés à l'aile droite; les Falisques, qui étaient venus à leur secours , à la gauche ; les Fidénates , au corps de bataille. Du côté des Romains, le dictateur commandait l'aile droite, Quintius Capitolinus la gauche; au-devant du centre était placée la cavalerie avec son oéiiéral. Celle-ci connnenca le combat , et fut bientôt suivie de l'infanterie. Les légions étrusques ne purent soutenir le choc des Romains : leur cavalerie , animée j)ar la présence du roi , tint plus ferme. 11 y avait dans, la cavalerie romaine un officier nommé A. Cornélius. Cossus, d'une illustre naissance, bel homme et d'une taille avantageuse, et encore plus recommandable par sa bravoure. La noblesse et le mérite de ses ancêtres lui élevaient le courage , il en soutint la gloire, et sut mémo l'augmenter. Voyant que Tolumnius jetait le trouble et l'effroi partout où il se portait ; « Est-ce donc là, s'é- M cria-t-il, l'infracteur des lois les plus saintes et du « droit des gens ? Je me flatte , s'il y a des dieux vengeurs M du crime, d'immoler bientôt cette victime aux mânes (c de nos ambassadeurs. » En parlant ainsi , il pique des deux , s'avance avec impétuosité contre le roi la lance ' à la main, et du premier coup le renverse de dessus son cheval. Il saute lui-même à bas du sien dans le moment;
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et comme le roi se relevait , il le renverse une seconde fois avec son bouclier sur le dos; et après lui avoir porté plusieurs coups , il le perce de part en part , et le tient attaché à la terre. Pour-lors il le dépouille, et lui ayant coupé la tête et la portant au bout de sa lance, il annonce lui-même sa victoire à l'armée ennemie par ce trophée sanglant, et répand partout la terreur. Ce ne fut plus un combat dans la cavalerie, mais une déroute. Le dictateur, de son côté, avait enfoncé les légions étrusques ; il les pousse vivement , et en fait un grand carnage. Commandants, officiers, soldats, tous également animés du désir d'une juste vengeance, secondent merveilleusement son zèle. La victoire fut complète.
Le dictateur rentra triomphant dans Rome. Mais, il faut l'avouer , Cossus , portant les dépouilles opimes du roi qu'il avait tué de sa main , eut tout l'honneur du triomphe , et attira sur lui tous les yeux , par la nouveauté de ce spectacle. C'étaient les secondes dépouilles opimes qu'on eût remportées depuis la fondation de Rome. Cossus plaça les siennes dans le temple de Jupiter Férétrien , près de celles de Romulus.
L'opinion commune , du temps même de Tite-Live , était que , pour remporter des dépouilles opimes , il fallait que ce fût un général qui en eût tué un autre. Varron pensait autrement ^ Il est constant que Cossus n'était pour-lors que simple officier. L'empereur Auguste attestait néanmoins, pour l'avoir vu lui-même, que le titre inscrit sur les dépouilles de Cossus lui donnait la qualité de consul. Il le fut quelques années après, mais dans un temps où certainement il n'y eut
' « Opima spolia etiaiu esse , si modo duci bostium. » ( Vakii. apud ni.inij)iilaiis iiiiics dctraxerif , duin- Fest.)
point (le pareil combat. Ne se peut- il pas faire que ce litre aura été apposé du temps après par quelqu'un des descendants de Cossus , qui l'aura appelé consul , non qu'il le fût quand il remporta cette victoire, mais parce qu'il l'a été depuis ? Trte-Tjive , qui n'osait pas sans doute réfuter le témoignage d'Auguste , dont il ne paraît pas fort touché, ne s'explique pas ici clairement.
M. CORNÉLIUS MALUGINENSIS. An. R. 3i<).
Av.J.C.433.