C. SERVILIUS
Mésinteiii- T-*^ guerre de la part des Éques était devenue comme geuce des ^nnuclle. Ccux dc Laviouc se joignirent à eux. Le se-
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nat ordonna que deux des tribuns militaires marcheraient contre les ennemis , et que le troisième resterait MU di.tatcur à la villc , pour la gouverner. C était le sort qui devait
gcueraux,
suivie de
Jeur défaite,
qui est réparée par
HISTOIKE ROMAINK. 205
décider de ces fonctions. Personne ne voulait sechariicr <•.
du dernier département, connue peu lionoral)le; et li" ni'r'4
chacun se croyait plus capable que les autres de coin- "''''•• '5''-
niaiidi'r les troupes. Comme aucun ne voulait céder,
Q. Servilius, père de l'un d'eux, se leva , et dit : «Puis-
« que vous ne respectez ni le sénat, ni la république,
«l'autorité paternelle videra votre dispute. Mon fils,
« sans qu'on tire au sort , prendra soin de la ville. Je
« souhaite que ceux qui désirent si fort d'être chargés du
« commandement des armées y fassent paraître toute la
« prudence et l'union nécessaires pour y réussir. »
Ce discours marque jusqu'où allait le pouvoir des pères sur leurs enfants , constitués même en dignité , et combien il était respecté à Rome. On ne jugea pas à propos de faire les levées dans toutes les tribus : on en tira seulement dix au sort, dont la jeunesse fut enrôlée. Après quoi les deux tribuns partirent.
La mésintelligence qui avait déjà commencé à paraître entre eux dans la ville éclata bien plus dans le camp, fondée toujours sur le même principe, c'est-àdire sur une haute estime que chacun d'eux avait de sa propre capacité, et sur le désir de commander seul. Ils ne pensaient jamais de même, et soutenaient chacun leur sentiment avec opiniâtreté. Chacun voulait que ses avis seuls fussent suivis, et ses ordres exécutés. Ils avaient un souverain mépris l'un pour l'autre , et ne convenaient qu'en ce point. La désunion alla si loin, qu'il fallut que les lieutenants leur remontrassent avec force que les choses ne pouvaient pas subsister sur ce pied-là, et les obligeassent à partager l'autorité, en commandant chacun son jour alternativement.
Quand on apprit ces nouvelles à Rome, Servilius,
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à qui l'âge et les emplois avaient donné une grande expérience , pria les dieux, de ne pas permettre que la discorde des tribuns devînt funeste à la république ; et prévoyant qu'on était menacé d'un grand écbec, il pressa son fils de tenir des levées toutes prêtes.
Il ne se trompait pas, Sergius , un jour qu'il commandait, voyant que les ennemis s'étaient renfermés dans leurs relrancbements (et ils l'avaient fait exprès pour l'y attirer ) , crut que c'était par crainte, et il s'avança jusqu'au (-ainp, dans l'espérance de s'en rendre maître. A peine y fut-il arrivé, que les ennemis, sortant tout à coup de leurs retranchements, attaquèrent les Romains avec toutes leurs forces; et, les poursuivant vivement dans la vallée qui était en pente, ils en firent un grand carnage. Les Romains, poursuivis jusqu'à leur camp, ne le défendirent qu'avec beaucoup de difficulté; et le lendemain, se voyant déjà enveloppés de plusieurs côtés par les Eques, ils l'abandonnèrent honteusement. Les généraux, les lieutenants, et ce qu'il y avait de meilleures troupes autour des drapeaux se retirèrent à Tuscule. Les autres, se répandant dans la campagne, arrivèrent par divers chemins à Rome où ils représentèrent la défaite bien plus grande qu'elle n'était en effet.
Il y eut moins d'alarme à Rome, parce qu'on s'y était en quelque sorte attendu, et parce que le tribun militaire avait préparé de nouvelles forces. On apprit, par les courriers qu'il avait envoyés pour reconnaître l'état de l'armée, que les généraux et les troupes étaient à Tuscule, et que l'ennemi se tenait encore dans le même camp. Mais ce qui rassura le plus les esprits , fut la nomination de Servilius Prlscus |)our dictateur, faite
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par ordre du sénat. Il piit pour général de la cavalerie son fils, l'un des tribuns militaires, et par lequel il avait été nommé lui-même dictateur. D'autres pourtant disent que ce fut Servilius Ahala, qui, en cette occasion, fut choisi général de la cavalerie.
Le dictateur partit avec la nouvelle armée, et y ayant joint celle qui était à Tuscule, il alla camper à deux milles de l'ennemi. L'heureux succès avait fait passer chez les Eques la fierté et la négligence qui avaient perdu les généraux romains. Le dictateur, au commencement du cond)at , ayant envoyé d'abord sa cavalerii^ contre les premiers rangs des ennemis, elle les mit bientôt en désordre. Il fit marcher ensuite les légions, et trouvant un enseigne qui tardait à s'avancer, il le tua de sa propre main. L'ardeur des troupes romaines fut si grande , que les Eques ne purent soutenir leur attaque , et s'enfuirent dans leur camp , dont la prise coûta encore moins de temps et de peine que le combat, qui avait pourtant duré peu. Le dictateur accorda tout le butin au soldat. La cavalerie , qui avait été à la poursuite des fuyards, ayant rapporté que tous ceux de Lavique , et une grande partie des Eques, s'étaient retirés dans c'ette ville , l'armée y marcha le lendetnain. La place fut prise par escalade., et livrée au pillage.
Le dictateur, ayant ramené son armée victorieuse h Rome, abdiqua sa magistrature huit jours après l'avoir reçue. Le sénats, avant que les tribuns parlassent âv partage de terres, ordonna fort à propos qu'on enverrait h Lavique une colonie. Quinze cents citoyens y passèrent , et on leur distribua deux arpents de terre à chacun.
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An R. 338. AGRIPPA MÉNÉNIUS LATVA.TUS. II.
Av.J.C.414. L. SERVILIUS STRUCTUS.
P. LUCRÉTIUS TRICIPITINtlS. II.