SP. RUTILIUS CRASSUS
An. R. 339. A. SEMPRONIUS ATRATINUS. III.
Av.J.C.4i3 ^ PAPIRIUS MUGILANUS. II.
Q. FARIUS VIRULANUS.
SP. NAUTIUS RUTILUS. II.
Disputes au Pendant ces deux années le dehors fut tranquille :
"^"tagedèr' deux tribuns du peuple, Mécilius et Mélilius, excitèrent
Liv^ Wk 4, quelques mouvements en proposant une loi pour le par-
"• ^^- tage des terres appartenantes au public : c'était l'appât
ordinaire dont les tribuns les plus séditieux leurraient
le peuple. Ils ne manquaient pas de faire revivre cette
ancienne prétention quand ils voulaient inquiéter le
sénat, et en arracher quelque nouveau privilège.
M. l'abbé de Vertot expose fort nettement le fond et
la cause de ces disputes, qui reviennent si souvent dans
l'histoire romaine , et les difficultés insurmontables qui
se trouvaient dans un partage de terres : je ne ferai
que le copier.
Rome, bâtie sur un. fonds étranger, et qui dépendait originairement de la 'ville d'Albe, n'avait presque point de territoire qui n'eût été conquis l'épée à la main. Les patriciens, et ceux qui avaient eu le plus de part au gouvernement, en avaient d'abord pris quelques cantons à cens et à rente ; puis ils s'étaient approprié ce qui était le plus à leur bienséance , et ils s'en étaient fait une espèce de patrimoine. Une longue prescription avait couvert ces usurpations , et il eût
HISTOIRE ROMAINE. UOf)
été bien difficile de démêler les anciennes bornes qui séparaient ce qui appartenait au public, du domaine qu'on avait accordé à chaque particulier.
Cependant les tribuns prétendaient déposséder de ces fonds les anciens propriétaires, et qui avaient même élevé des bâtiments sur ces terres. Une recherche si odieuse consternait les premières maisons de la république. Le sénat s'assembla plusieurs fois pour trouver les moyens de faire échouer des propositions si dangereuses. On dit qu'Appius Claudius , quoique le plus jeune de tous les sénateurs , ouvrit un avis qui ne fut pas désagréable à sa compagnie. Il dit a que ce n'était u que dans le tribunat même qu'il fallait chercher des « ressources contre la tyrannie des tribuns : qu'il n'était « question pour cela que de gagner un seul de ces ma- « gistrats plébéiens, qui voulût bien, par son opposi- « tion , empêcher les mauvais desseins de ses collègues : « qu'il fallait s'adresser aux derniers de ce collège; que « ces hommes, nouveaux dans les affaires, et jaloux de a l'autorité que Mécilius et Mélilius s'attribuaient , ne « seraient pas insensibles aux caresses du sénat, et que « peut-être ils fourniraient leur opposition, seulement « pour se faire valoir, et pour faire quelque figure dans « le gouvernement «.
Cet avis fut approuvé tout d'une voix , et on loua hautement Appius de n'avoir pas dégénéré de la vertu de ses ancêtres. Ceux des sénateurs qui avaient quelque liaison avec les tribuns du peuple s'insinuent dans leur confiance, «et leur représentent la confusion où ils « vont jeter l'état, et chaque famille en particulier, s'il « faut entrer dans une discussion immense pour dé- « mêler quelles sont les terres concédées par Romulus ,