‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 68 sur 141 · L. JULIUS IULUS · texte numérisé non relu

L. JULIUS IULUS

Beaucoup d'affaires dans la ville , beaucoup de guerres Plaintes cU>s

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au-cleliors, donnèrent de 1 exercice a ces tribuns mili- iKupic au taires pendant l'année de leur magistrature. Leur pre- iinpolitîo'us. mier soin fut de faire des levées, dans lesquelles ils com- ^'y',1'''" i* '

prirent non-seulement ceux qui étaient dans l'âge prescrit par les lois , mais les vieillards mêmes , auxquels on fit prendre les armes pour la garde de la ville. Plus on augmentait le nombre des soldats, j)liis on avait l)esoin d'argent pour payer leur solde ; et cet argent se

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tirait sur les citoyens qui restaient à la ville. Ces impositions, dont les vieillards qu'on avait enrôlés n'étaient point exempts, parce qu'ils ne sortaient point de la ville, excitèrent des plaintes parmi le peuple, d'autant plus que les tribuns ne cessaient de l'animer par leurs harangues séditieuses , en lui représentant « que le sénat n'avait accordé une paie aux soldats que « pour avoir un prétexte et comme un titre d'accabler « les citoyens, les uns par la triste nécessité de porter « les armes , les autres par les impositions dont on les « chargeait au-dessus de leurs forces : qu'une seule « guerre durait déjà depuis cinq ans , et que les géiié- « raux exprès réussissaient mal pour la faire traîner en « longueur : qu'on ne mettait plus de différence entre « l'été et l'hiver , pour ne laisser aucun repos au pauvre « peuple, auquel, en dernier lieu, on avait imposé un « tribut qui mettait le comble à sa misère; car enfin, « lorsque les soldats , après avoir rempli toutes leurs an- « nées de services , reviendront chez eux , ne rappor- « tant de la guerre que des corps affaiblis et usés par « les fatigues , par les blessures et par l'âge même , et « trouveront à leur retour leurs terres presque incultes « par la longue absence des maîtres , on aura la dureté « d'exiger d'eux, malgré le mauvais état de leurs af- »( faires, des impôts et des contributions, et on les obli- « géra à rendre au double à la républi(jae rargent qu'ils «en avaient reçu, et de lui en payer l'intérêt». On juge aisément combien de pareils discours étaient capables d'irriter un peuple déjà porté par lui-même aux plaintes et au murmure. C'était là, comme on l'a vu jusqu'ici , la grande occupation et la grande habileté

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de ces inagislrats plébéiens ; et cela seul souvent faisait tout leur mérite.

Pendant ces troubles, le temps de nommer de non- Nominatiou veaux tribuns du peuple arriva. On ne put en remj)lir dr,!!'iî'|"ip' entièrement le nombre. Les patriciens firent quelques ef- '^"'„ci"'[,''^*' forts pour être agrégés par ceux qui avaient été nommés, '^'^''''■"''éet pour remplir les places vacantes. N'ayant pu l'obtenir , ils vinrent à bout de faire agréger deux plébéiens qui leur étaient dévoués , étant bien aises de donner atteinte à la loi ïrébonia , laquelle, dans une semblable conjoncture , comme on l'a marqué en son temps , avait rome xiv, ordonné que désormais le peuple seul nommerait ses '"'^' "^' tribuns.

Parmi ceux qui étaient en cbarge cette année, il se on fait lo trouva un Trébonius, qui crut devoir à sa famille et de!.^ au nom qu'il portait de prendre la défense de la loi Tré- ^"l bonia. Il porta donc ses plaintes au peuple, contre ses T'" *;"""

• ' 117 dariiDcs a

propres collè<Tues, à la faiblesse et à la nonclialance des- "".e amende.

. . . . Liv. lib. 5,

quels il attribuait le violement de cette loi. Trois d'entre "p- lieux qui craignaient le ressentiment du peuple, pour faire diversion, et se le réconcilier, appelèrent devant lui en jugement Sergius et Virginius , qui avaient été tribuns militaires l'année précédente. Ils dirent « qu'ils offraient « à ceux (jui souffraient avec peine les levées, les ini- « pots, la prolongation de la guerre, qui pleuraient la " mort de leurs enfants, de leurs frères, de leurs pro- « elles , de leurs alliés , tués misérablement dans cette « triste journée de Véïes; qu'ils leur offraient une belle « occasion de se venger et de venger le public sur deux « tètes coupables également , et responsables de tous les « malheurs qui étaient arrivés : (jue leur propre aveu, « le témoignage de leurs collègues , le décret du sénat

procès a aiicieus trihiius milires. Ils

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« qui les avait obligés d'abdiquer leurs charges , étaieni « des préjugés auxquels il n'y avait rieii à répliquer : « qu'ils se souvinssent de ce jour funeste où ils avaient <c vu les tristes restes des soldats mis en déroute devant a Véïes rentrer à Rome encore tout tremblants de peur «et couverts de blessures, n'accusant de leurs mal- (c heurs ni la fortune ni aucun des dieux. , mais leurs « généraux seuls : qu'ils étaient sûrs qu'il n'y avait perce sonne dans l'assemblée qui n'eût pour-Iors prononcé «tnille exécrations contre la personne, les biens et la « vie de Virginius et de Sergius : qu'après les avoir « ainsi dévoués à la colère des dieux, le peuple aurait <f mauvaise grâce de ne pas user de son pouvoir contre « eux lorsqu'il le pouvait et le devait : que les dieux ne « punissaient pas par eux-mêmes les criminels ; qu'ils « se contentaient d'armer en quelque sorte les mains de «ceux qui avaient été maltraités, en leur fournissant « l'occasion de se venger ». Le peuple , animé par ces discours, condamna les deux coupables à une amende. R;.isous C'était une peine bien légère pour une prévarication,

'^"i"i'^J'rt!-"*^ ou plutôt pour une trahison si criminelle et si évidente : car ils ne pouvaient pas nier , l'un, que , se voyant dans un danger extrême, il n'avait pas voulu avoir recours à son ennemi; l'autre, qu'informé du danger de son collègue, il n'avait pas daigné le secourir. Une disposition si criminelle, qui attaque directement l'état, qui, pour une pique particulière, fait oublier tout ce (ju'on doit à la patrie, et qui conqile pour rien la mort d'un nombre considérable de braves soldats, demandait, ce semble, qu'on en fit une punition exemplaire et bien marquée, pour arrêter les funestes effets de ces

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soik's do jalousies et de dissensions, trop ordinaiies parmi les généraux qui servent ensemble.

Mais c'était une des maximes de la politique romaine de ne point exercer une sévérité excessive contre les généraux (jui avaient mal réussi à la guerre. Le peuple romain, généralement parlant, était fort modéré dans la punition des coupables. Tite-Live en fait la remarque, h l'occasion du supplice de Métius Suffétius, qui fut tiré à quatre chevaux, et il dit que ce fut là le premier et le dernier exemple ^ d'un châtiment où l'on semblât avoir oublié les lois de l'humanité; mais que d'ailleurs nul peuple ne pouvait se vanter d'avoir imposé de plus légères peines aux criminels. Ils étaient j)unis ordinairement par de légères amendes ou par l'exil; et, pendant une longue suite d'années, on ne voit qu'un très-petit nombre de citoyens condamnés à mort. Par rapport aux généraux , les Romains avaient une raison particulière d'user de beaucoup de douceur. Outre que les fautes d'un homme chargé du commandement retombaient indirectement sur le peuple qui l'avait mis en place , ils savaient combien le commandement d'une armée entraîne après soi de soins, de peines , d'iiufuiétudes ; et ils ne voulaient pas y en ajouter de nouvelles, en laissant à un général la crainte de se voir condamné à un supplice honteux, s'il avait le malheur de réussir mal dans une campagne , ni rebuter par un tel exemple ceux à qui ils confiaient la conduite de leurs troupes. On sait comment Varroji fui reçu après la perte de la bataille de Cannes.

' « Primum ultiinumque illud sup- Iii aliis gloriari licet nulli ^'eutiuiii plicium iipud Romanos cxenipli |):i- mitiores placuisse poenas. » ( Liv. rimiineniorislei,'ninliiimaii;ii uni fuit. lili. i, cap. s>.8.)

v5l4 IIISIOIUI'; K O iM A I IN i:.

Dans les guerres qui se firent eette année de diffélenls eôlés, il n\ eut point crévéneuients eoiisidérahles. I^os tribuns du |)('Uj)ie rcmuoreiil hcaucouj), en proposml la loi ai;raire, et en s'()])j)<)saMl à la levée des impositions, absolument nécessaires eejM'udant pour l'aire l'ii picl.rirn subsister les armées. Une victoire considérable qu'ils iioinuir reni|)orlerent dans la nomniation des tribuns nulitaires,

trihuii iiiili- ■ ■ ■ i r> i ■ 'i '•

,,,irp. |)anni lesquels on accorda enlm place aux plébéiens, ^'/aiw2?' '^^ engagea à se désisd-r de leur poursuite et à laisser lever les hibiifs.

An. R. 3.Î,î. p. MCINIIIS CALVUS.

Av.J.C.397.

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