MAN. SERGIUS. II
' Polybe assimile ici le dénier à la entier, ou 82 centiine.s. — L. drachme grecque ; les deux oboles ' Les quatre oboles , sur le même
valent le tiers du denier romain, ou pied, répondent à 55 centimes. 7,7 centimes ; les 6 oboles , le denier — L.
Les Volsques se rendent maîtres par trahison d'Anxur, ij^. lib. 5, où les Romains avaient une garnison. '"^''
La discorde entre les deux généraux qui coniman- j^, ,ii,scndaient devant Véïes v fit recevoir un échec. Les Cape- '•'"" «"""e
J ^ r d«ux tribuns
nates et les Falisques , deux peuples d'Étrurie, dans la '■"''' ''"■".
' * ^ ' tait recevoir
crainte (fue les armées romaines ne tombassent sur eux un nouvel
écliec
après la prise de Veïes , dont ils étaient assez voisins, à veus. unirent ensemble leurs forces, et vinrent attaquer les lignes des Romains par l'endroit où commandait Manius Sergius, fun des tribuns militaires. Le bruit qui se répandit que toute l'Etrurie venait au secours de Véïes, jeta l'épouvante parmi les troupes de Sergius, et en même temps donna aux assiégés le courage de faire une vigoureuse sortie. L'uni({ue ressource était que les troupes du grand camp, qui n'était pas fort éloigné, vinssent au secours de Sergius. Virginius , qui y commandait, était son ennemi déclaré. Il fut informé de l'attaque et du danger, mais il demeura dans sou camp, disant que, si son collègue avait besoin de son service, il le lui ferait savoir. Sergius, s'imaginant que ce serait se déshonorer que de demander du secours à un homme avec qui il était entièrement brouillé, aima mieux se laisser vaincre par l'ennemi que d'avoir l'obligation de la victoire à son collègue. Ses soldats, après avoir été fort maltraités, abandonnèrent les lignes. Quelques-uns se retirèrent dans le grand camp : le plus grand nombre, ayant à leur tête Sergius, marchèrent droit à Rome.
Comme il rejetait toute la faute sur son collègue, on Oaiesoi.iige fit venir Virginius, et on donna le commandement à icr dmr^o. leurs lieutenants pendant leur absence. L'affaire fut ^'"Jp^g/*' exaininée dans le sénat. Les deux tribuns militaires son-
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gèrent moins à se défendre qu'à charger cliacun sort collègue, et ils n'épargnèrent point de part ni d'autre les reproches et les injures. Le sénat ne se conduisit guère plus raisonnablement. Très-peu , dans l'examen de cette affaire, jugeaient par des vues d'équité et du bien public : l'amitié et la faveur formaient seules les •suffrages du plus grand nombre. Les anciens et les principaux du sénat , voyant cette disposition , remirent à un autre temps le soin d'approfondir l'affaire et d'examiner si une défaite si honteuse était arrivée par la faute des généraux , ou simplement par un malheur assez ordinaire dans la guerre. Ils crurent qu'il fallait aller promptcment au remède, et ne point attendre le temps marqué des comices, mais nommer sur-le-champ de nouveaux tribMns militaires, qui entreraient en charge aux calendes d'octobre, c'est-à-dire le premier jour de ce mois. Cet avis fut généralement approuvé , sans que les autres tribuns militaires s'en plaignissent. Sergius et Virglnius, qui y avaient donné lieu, furent les seuls (jui formèrent opposition au décret du sénat. Ils protestèrent qu'ils ne sortiraient point de charge avant les ides de décembre, qui était alors le jour ordinaire oi» l'on nommait de nouveaux magistrats.
Pendant ces disputes, les tribuns du peuple, attentifs à profiter de toutes les occ^asions de faire valoir leur autorité, s'élevèrent avec force , et , d'un ton fier et impérieux, ils menacèrent les tribuns militaires de les faire mener en prison s'ils n'obéissaient aux ordres du sénat. Alors Servilius Ahala , l'un des tribuns militaires, s'adressant aux tribuns du peuple : « Si c'en était le «temps, leur dit-il, je vous ferais bien voir combien « peu vous êtes fondés à nous faire de telles menaces, et
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<( lojnhieii peu nous les craignons : mais il s'agit niain- « tenant (\c faire exécuter le décret du sénat. Ainsi, « pour ce (jui vous regarde , tribuns du peuj)le , cessez « de vouloir profiter de nos disputes pour exciter des « brouilleries et étendre vos droits. Quant à nos deux « collègues, ou ils feront de bonne grâce ce qu'ordonne «le sénat, ou, s'ils continuent à refuser d'obéir, je « nommerai sur-le-champ un dictateur qui saura bien « les obliger à sortir de charge. » Ce discours fut applaudi de toute l'assemblée, les sénateurs étant ravis que, sans avoir recours aux menaces des tribuns, on eût trouvé un moyen plus sûr et plus convenable de vaincre l'opiniâtreté des réfractaijxs. En effet, ils se rendirent à l'autorité unanime du sénat , et l'on procéda à l'élection de nouveaux tribuns militaires pour entrer en charge aux calendes d'octobre.