L. ATILIUS
Une grande peste qui se fit sentir cette année à Étabiisse-
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nome donna lieu a une nouvelle cérémonie de religion, ùsiernium appelée lectisternium. Ce mot vient de lectos ster/iere, ^^"jj^\^ dresser des lits. La coutume à Rome , dans les grands Liv''*iib'' 5 dangers, ou dans les grandes prospérités, était d'or-
3l6 HISTOIRE ROMAINE.
donner des repas solennels aux dieux pour implorer leur secours , ou pour leur rendre de publiques actions de grâces de la protection qu'on en avait reçue. Des officiers appelés triumviri, et dans la suite, quand le nombre en fut porté à sept , septumviri epulones , fort considérés à Rome, présidaient à ces festins. Ils dressaient dans les temples , autour d'une table , selon l'usage de ces temps , des lits couverts de tapis magnifiques et de coussins, et des sièges. On y plaçait les statues des dieux et des déesses qu'on avait invités au repas qui était servi sur la table, et ils étaient censés y assister et y prendre part. Valère-Maxime nous apprend qu'ils voulaient bien s'assujettir aux usages humains, et que, de même que les hommes seuls étaient couchés sur des lits à table, et les femmes assises % aussi , dans la cérémonie du repas préparé pour les dieux, Jupiter était couché sur un lit, Junon et Minerve assises sur des sièges.
La chose se pratiqua de la sorte en public , au nom de l'état, dans l'occasion dont il s'agit ici, qui est la première où il soit parlé du leclisternium. Les particuliers en firent autant de leur côté, pendant l'espace de huit jours que durait la fête, et se donnèrent mutuellement des festins. Les portes des maisons furent ouvertes dans toute la ville. On dressa des tables , et on y célébra des festins où tout était commun , et où tout le monde était bien reçu. On y invita également les connus et les inconnus. On se réconcilia avec ses en-
• " Feminse cinu viris cubantibus ipse in lectulum, Juno et Minerva
.sedentes cœnitabaiU : qiiae consne- in sellas , ad cœnani invitautur. »
ludo ex boniinum convictu ad di- (Val. Max. lib. 2, cap. i.) viua peuetiavit. Nam Jovis epulo ,
poi.ssec
irisroniK romainf. Siy
ncmis. On fit cesser les querelles et les procès. On ôta aux prisonniers leurs liens pendant tout le temps que dura la fête, puis on se fît scrupule de remettre dans les fers ceux que les dieux en avaient délivrés. 11 est remanjuable que les païens mêmes n'auraient pas cru célébrer dignement leurs fêtes, ni espéré de se rendre la divinité favorable, s'ils avaient conservé dans le cœur des haines et des inimitiés.
Pendant qu'on célébrait cette cérémonie à Rome, Attaque des
, , , ,. ^ , ennemis t\v-
les Capenates et les Talisques attaquèrent encore brus- vnnt v.ks ({uement les lignes devant Véïes, comme ils avaient nlonr* déjà fait trois ans auparavant; mais le succès fut bien '^' différent. La condamnation encore récente de Sergius et de Virginius produisit son effet. On accourut du grand camp au secours des lignes. Les ennemis furent repoussés avec une perte considérable, aussi -bien que lés assiégés, qui avaient fait une sortie, et qui furent vivement poursuivis jusque dans la ville.
Le temps des comices, qui était proche, ne donnait scn.pnirs pas moins d'inquiétude aux sénateurs que le siège de Véïes. Ils voyaient avec douleur que, dans la dernière élection , la première charge de l'état avait été nonseulement communiquée au peuple , mais presque entièrement enlevée à la noblesse. Ils regardaient ou voulaient faire regarder la peste et les autres maux qui avaient affligé Rome, comme une marque de la colère des dieux contre les Romains, à cause de cette innovation dans les charges où l'on n'avait point eu égard aux familles nobles, qui seules avaient l'intendance des auspices et des choses saintes. Or, le droit d'auspices étant attaché à la souveraine magistrature, ils intéressaient la religion dans l'injure (ju'oii faisait aux nobles.
de rcligidii jinr rappiiif aux eouiires.
3l8 HISTOIRE ROMAINE.
Pour éviter cet inconvénient dans la procliaine nomination , ils engagèrent ce qu'il y avait de personnes plus considérables dans l'ordre des patriciens à s'y présenter comme candidats. Ce double moyen leur réussit. Le peuple, par respect pour ces grands hommes, et parles scrupules aussi qu'on lui avait inspirés au sujet de la religion % dont il est fort susceptible, ne nomma que des patriciens, tous d'un grand nom et d'un mérite reconnu.
An. R. 357. ^- VALÉRITJS POTITUS. V.
Av.J.C.395. ^ FURIUS CA1V1ILUTS. H.
M. VALÉRIUS MAXIMTIS.