‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 76 sur 141 · L. LUCRÉTIUS FLA.VUS. An. R · texte numérisé non relu

L. LUCRÉTIUS FLA.VUS. An. R

SERVIUS SULPICIUS CAMÉRINUS. Av.JC.j90.

Deux des tribuns du peuple qui avaient été en place Deux les deux années précédentes sont appelés en jugement peuple sont devant le peuple. On ne pouvait leur faire d'autre re- u.'ië'améudj! proche, sinon qu'ils s'étaient opposés à la loi que pro- ^'^ '20^' posaient leurs collègues. Le sénat se donna beaucoup de mouvement pour empêcher qu'ils ne succombassent. Ses efforts n'eurent point de succès. Us furent condamnés à une amende.

Camille, indigné d'une injustice si criante, en faisait Cimiiies'opde vifs reproches au peuple, et lui déclarait que, si la meutaudeslicence effrénée des tribuns ne pouvait être arrêtée par "s^èr '.i veïer l'opposition de quelques-uns de leurs collègues, le se- *l' !jj^' nat saurait bien trouver un autre moyen de la réprima'. Mais c'était dans le sénat surtout qu'il faisait paraître .son zèle, en ne cessant de haranguer avec toute la

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force dont il était capable contre la loi qui causait tant de trouble. Il disait aux sénateurs « que , le jour où l'on « proposerait la loi , ils devaient se rendre tous à la « place publique comme dans un champ où ils allaient « combattre pour les temples et les autels des dieux , « pour leurs propres foyers et pour le lieu qui leur « avait donné la naissance : que , pour lui , s'il lui était «permis de ne considérer que ses propres intérêts, « rien ne lui serait plus honorable que de voir peuplée « par ses concitoyens une ville qu'il avait prise , où les « monuments de sa gloire s'offriraient tous les jours à « ses yeux ; où il ne pourrait faire aucun pas sans mar- « cher sur les traces de sa victoire ; dont la vue seule , u en un mot, serait pour lui un renouvellement con- « tinuel de son triomphe. Mais qu'il croyait que la reli- « gion même ne souffrait pas que l'on songeât à aller V habiter une ville que ses propres dieux avaient aban- « donnée , et qu'un peuple libre et vainqueur allât s'éta- « blir dans une ville vaincue et captive». Il ajouta « qu'il « lui paraissait impossible que deux villes si puissantes « pussent demeurer long-temps en paix, vivre sous les (c mêmes lois et ne former cependant qu'une seule répu- « blique : qu'il se formerait insensiblement de ces deux « villes deux états différents , qui , après s'être fait la « guerre l'un à l'autre , deviendraient à la fin là* proie « de leurs ennemis communs ».

Lcsénat.par Ccs vivcs cxlîortations de Camille eurent tout l'effet obtient que qu'il pouvait désirer. Le jour où le peuple devait don- *T>asser'à"'^ ncr SCS suffragcs touchant la loi , tous les sénateurs , abr^^ée!» tant jcuncs que vieillards, se rendirent en foule dans la place publique , et , répandus chacun dans leurs tribus, ils s'adressaient à leurs concitoyens et contri-

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l)iiles en leur serrant les mains, et ils les conjuraient, les larmes aux yeux, «de ne point abandonner une « patrie pour laquelle eux et leurs pères avaient com- « battu avec tant de courage et de succès. Leur mon- « trant le Capitole, le temple de Vesta et les temples « des autres dieux qui étaient dans le voisinage , ils les « priaient de ne pas arracher le peuple romain à son « lieu natal et à ses dieux pénates pour le reléguer i< dans une ville étrangère et ennemie ; et de ne pas « faire souhaiter que jamais Véies n'eût été prise , pour « ne point exposer Rome à une si honteuse désertion». Comme ils n'employaient que des remontrances, des prières, des larmes, soutenues par des motifs de religion , auxquels le peuple est fort sensible , il se laissa vaincre par cette douce violence, au lieu qu'un air d'empire et de hauteur n'aurait fait que l'aigrir. Les tribus ayant été appelées au suffrage, il y en eut une de plus pour rejeter la loi.

Cette victoire causa une si grande joie aux sénateurs. Colonie euque le lendemain parut un décret qui accordait sept ies^terreJ"dc arpents de terre dans le pays des Yéïens, non-seule- ^*""' ment à chaque chef de famille , mais même à chacun des enfants mâles qui étaient dans sa maison : de sorte qu'un père pouvait compter que chaque fils qu'il avait posséderait sept arpents. Le but de ce décret était de porter les Romains à se marier, et de les mettre en état d'élever des enfants qui servissent un jour la république. Il est remarquable que le sénat ne perd jamais de vue ce grand principe de politique, d'augmenter autant qu'il est possible le nombre des citoyens, en quoi consiste la principale force d'un état.

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Av. R. 3()3. L. VALÉRIUS POTITUS.

Av. J.C jSi).

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