AGRIPPA FURIUS
.î:milius. IL
Deux des tribuns militaires furtnit chargés de la guerre contre les Yolsiniens, et deux autres, de celle contre les Salpinates. Ces peuples, l'année précédente? profitant de la peste qui régnait à Rome, avaient ravagé les terres qui en dépendaient. Ils furent vaincus et punis.
Voix (lu'cu- I^ii même année, Cédicius, homme du peuple, vint icnJ cetii- ij tribuns militaires (lue la veille, comme il mar-
iius au sujet 1 '
des Gaulois, chait seul la nuit dans la rue INeuve, il avait entendu
IIISTOIUK ROMAINE. 3/17
uiu" voix, j)lns forte que celle d'un hoiuine, qui lui lw. ii]..7, avait ordoniu" d'aller avertir les magistrats que les Gau- Viut.' lois approeliaient. Comme Cédicius était un honnne ^l^^^i sans nom , et que d'ailleurs les Gaulois étaient une nation forU éloignée, et, par cette raison inconnue, on ne fit aucun cas de cet avis. Méritait-il (ju'on en fît beaucoup ?
Les Romains commirent une faute bien plus réelle à CamiUcac-
^ \ 1 • ruse iiijiisto-
l'é'^ard de Camille , dont ils récompensèrent les services me.it par un
. . , . -jl tribiiu du
signales par une mgratitude qui ne se peut excuser. 11 peuple, pré-
,., ..1 / 1 • A 1 ]• . vient sa cou-
est vrai qu il y avait donne lui-même quelcjue lieu ; et a.„„„at.ou ,
on pourrait , ce semble , lui appliquer ce que Tite-Live ""l^^^^'J^ tlit à l'occasion d'un des premiers Fabius : que les ^'"^'"^■ grands hommes manquent plus souvent de l'art de gouverner leurs citoyens que de celui de vaincre les ennemis \ Il tenait tête à la multitude en toute occasion , et sans aucun ménagement. Il paraissait toujours le plus vif et le plus ardent pour s'opposer à tous ses caprices. Le peuple, qui oublie bientôt les services lors- ([u'on résiste à ses volontés , se trouva par là disposé à écouter favorablement les discours d'un tribun séditieux, qui accusa Camille de s'être approprié une partie du butin de Véïes. L'accusation était saus fondement , et même sans vraisemblance. Ce grand homme, accablé d'ailleurs de tristesse par la perte d'un jeune fils mort tout récemment, assembla chez lui ses amis et les principaux de sa tribu pour voir s'il pouvait espérer quel- (|U('. chose de leur crédit. Ayant consulté ensemble, ils lui répondirent tous que, quelque bonne volonté qu'ils tussent, ils ne pouvaient lui sauver la condamnation,
• « Adeô excellent ibas ingeniis (niàm quy liostein supeieiil. » ( Liv. liliùs ilefurrit ars rpiA rivnn regaiit, lib. ■?. , cap. -'i 3. )
mais qu'ils s'offraient à payer l'amende pour lui. Voyant donc qu'il n'avait aucune justice à attendre d'une multitude aveuglée par la haine , et qu'il serait certainement condamné , comme il le fut en effet , il n'attendit pas le jour du jugement , et s'en alla en exil à Ardée. Avant que de sortir de la ville , tournant les yeux vers le Capitole, il demanda aux dieux que, s'il était innocent, ils réduisissent bientôt ses citoyens ingrats h la nécessité de le regretter. La prière que fait ici Camille , bien différente de celle qu'il adressa aux dieux après la prise de Véïes, répond mal à son zèle pour la patrie, et laisse Pl^^ une tache sur sa vie. Aristide , condamné comme lui à '"pTaîf^' l'^^'^î fit paraître beaucoup plus de noblesse et de grandeur d'ame en priant les dieux que jamais il n arrivât aux Athéniens aucun malheur qui forçât le peuple de se souvenir d' Aristide , et d'avoir besoin de ses services. Camille se retira à Ardée , ville peu éloignée de Rome, où il apprit qu'il avait été condamné à une amende. Au reste , ces sortes de condamnations , que l'on prononçait assez souvent dans Rome contre les citoyens les plus illustres , et qui se bornaient à quelque amende pécuniaire , ressemblaient assez à celles de l'ostracisme d'Athènes. La source des unes et des autres ^ , tant à Athènes qu'à Rome , était la crainte que des citoyens devenus trop puissants ne donnassent atteinte à la liberté ; crainte qui leur rendait tout mérite éclatant , sinon odieux , du moins fort suspect , et qui les portait
' « Quiim Kj)Lesii civitate expelli;- tiam virtutis oderuul ? Qiiid ! Aris-
icat Herniodoiuiii , ita locuti suiit : tides ( nialo enira Graecorura, qnàm
Nemo de nobis unus excellât. Sed, si nostra , proferre ), nonne ob eain
<jiiis extitcrit , alto in loco et apud causam expulsas est patrlâ, qu6d
alios fit. An hoc non ita lit in omni pra?tcr modum justus esset ? » ( Cic.
popnlo ? Nonne onin^m exsuperan- Tiisciil. QtiiTst. lib. 5, n. 2o5. )
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à prendre des précautions excessives pour eu prévenir les suites et guérir leurs alarmes , le plus souvent mal fondées. Cicéron , qui condamne cette injuste délicatesse , reconnaît que c'est l'effet du génie et du caractère républicain. Nous tie voulons point , disaient les Éphésiens, en exilant Hermodore, l'un des principaux citoyens de leur ville , celui-là même qui interpréta les lois grecques aux députés des Romains , nous ne voulons point qu'aucun parmi nous ait un mérite éminent qui le mette au-dessus de tous les autres ; et s'il y en a quelqu'un de ce caractère, qu'il aille porter son mérite dans un autre pays et chez un autre peuple.
§ IV. La ville de Clusiam , assiégée par les Gaulois , implore le secours des Romains, qui envoient aux assiégeants des ambassadeurs. Ceux-ci s' étant joints aux Clusiens dans une sortie, les Gaulois lèvent le siège et marchent contre Rome. Les Romains, qui étaient allés à leur rencontre , sont vaincus et entièrement défaits près d' Allia. Les Gaulois s'avancent vers Rome. Un petit corps de troupes se retire dans le Capitole avec une partie du sénat. Les vestales et les prêtres se chargent des choses sacrées. Courage des vieillards qui demeurent dans la ville. Pitié d'Albinius à l'égard des vestales qui se réfugient à Céré. Les vieux sénateurs , revêtus de leurs habits de cérémonie , ^6' tiennent chacun à leur porte. Les Gaulois trouvent Rome presque déserte. Massacre des vieux sénateurs. T^es Gaulois mettent le feu à la ville. Ils sont repoussés à une attaque du Capitule. Camille défait un détachement considé-
35o HISTOITIE ROMAINE.
rable de Gaulois près d' Ardée. Défaite des Toscans. Action pieuse et hardie de Fabius Dorso. Camille est nommé dictateur par le sénat. Les. oies sauvent la citadelle. Courage de Manlius. Les Romains , réduits à VextT'émité , capitulent. Camille survient et défait les Gaulois. Ils sont entièrement taillés en pièces dans une seconde action. Camille rentre triomphant dans Rome. Piéflexions sur la prise de cette ville. Habitants de Céré récompensés. Temple élevé à Aius Locutius. Honneur rendu aux oies. Les tribuns proposent de nouveau au peuple de passer à Véïes : Camille s'y oppose fortement; la proposition des tribuns du peuple est rejetée. Rome est rebâtie à la hâte.
L;i ville de Nous avoiîs VU quc Camille fut récompensé des sei- * sil^cérpar* "^ices qu'il avait rendus à sa patrie comme beaucoup les Gaulois, (^'autres grands hommes l'ont été, c'est-à-dire, par l'in-
imploie le «^ ' ' r
recours des pratitudc. Pcu de temps après son départ, arrivèrent
lomains
i.iv. lii). 5, des ambassadeurs de la part des habitants de Clusium ,