‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 79 sur 141 · I-. 33-35. •iiirri · texte numérisé non relu

I-. 33-35. •iiirri

Plut. ville de Toscane , qui était actuellement assiégée par les

iii Cainillo, ^-, 1 • ' 1 • Il I

p. i33,ij«. Gaulois entres depuis peu dans le pays sous la coii-

•llVaaK^' duite de Brennus. Ces ambassadeurs venaient implorer

le secours des Romains contre des étrangers , dont le

nombre , la taille , l'armure avaient répandu partout

l'épouvante.

, La Gaule, surnommée Comata, c'est-à-dire chevelue.

(ourte des- ' ' '

. nptioii de était autrefois divisée en trois parties, l'Aquitaine, la Celtique , et la Belgique. Les Gaulois dont il s'agit ici étaient de la Celtique. Ils ne furent pas les premiers

JUS roi HE ROMAINE. 35 1

({ui viiiront s'établir dans l'Ilalic. Sons le rooiu' do Tarcjiiin rAncieu, environ ramier i65 de Rome, Ambigat régnait sur toute la Gaule celtique. Ce prince , trouvant ces grandes [provinces remplies d'un trop grand nombre d'babitants, mit Sigovèse et Bellovèse , deux de ses ncveuv, à la tète d'une florissante jeunesse , qu'il obligea d'aller cherclier des établissements dans des contrées éloignées , soit que ce fût pour-lors un usage commun (et en effet celte pratique s'est observée dans le Nord jusqu'au dixième siècle) , soit qu'Ambigat eût recours à ces colonies militaires pour se défaire d'une jeunesse vive, inquiète et remuante. Quoi qu'il en soit, on s'en rapporta au sort sur les régions où devaient aller s'établir ces nombreux essaims. Le sort envoya au-delà du Rhin Sigovèse , qui , prenant son chemin par la forêt Hercynie '■ , s'ouvrit un passage par la force des armes , et s'empara de la Bohème et des provinces voisines. Bellovèse tourna du coté de l'Italie et passa les Alpes. Il menait avec lui une partie des habitants du pays de Bourges , de l'Auvergne , du Sénonois , des pays d'Autun , de Cliartres , et de quelques autres contrées ; ce qui formait un peuple très - nombreux. Il s'établit dans rinsubrie,et y bâtit Milan. Dans le même temps, une autre troupe de Gaulois , composée principalement des habitants du Maine [Cenomani ), aidée par Bellovèse , se fixa dans le même pays , et y bâtit Brescc , Vérone et quel{|ucs autres villes^. Depuis, il se fit encore plusieurs irruptions des mêmes peuples dans le

• La foivi HtTciiiie couvrait une et s'étendait au-delà de la r.ohème. •>

;;ian<le partie de l.incienne Genua- ' « Le savant M. Scipion Maffci

nie. Elle commençait sur le bord du corrige ici le texte de Tite-Live, et

J'.hin et dans la .Souabe, où elle se au lieu Ae Brixia ne Vcrono , substi-

luinime aujourd bui la Porvt Noire, tue JJrLxia ac Creinona.

Rome députe des ambassadeurs vers les Gaulois.

voisinage des terres dont leurs compatriotes s'étaient emparés long - temps avant eux. Enfin , ceux dont il s'agit ici , attirés dans le pays par les mêmes vues que leurs ancêtres , y furent conduits par un habitant de Clusium , nommé Aruns , qui cherchait à se venger d'un affront qu'il avait reçu de ses concitoyens. On dit que la douceur du vin que leur porta cet Aruns ^ , liqueur jusque-là inconnue pour eux, ne contribua pas peu à leur faire passer les Alpes et à leur faire entreprendre ce voyage. Pour récompenser leur guide , ils formèrent le siège de Clusium.

Les habitants , craignant de tomber sous la puissance de ces barbares, implorèrent, comme nous l'avons déjà dit, le secours des Romains, quoiqu'ils n'eussent d'autres motifs de l'espérer, sinon qu'ils n'avaient point armé dans la dernière guerre en faveur des Véïens , comme avaient fait la plupart des autres peuples de l'Etrurie. Les Romains ne jugèrent pas à propos d'envoyer d'abord des troupes au secours des Glusiens; ils se contentèrent de députer vers les Gaulois trois jeunes patriciens; c'étaient les fils de M. Fabius Ambustus. Ces députés avaient ordre ( de prier les Gaulois au nom ic du sénat et du peuple romain de ne point attaquer les « Glusiens, qui ne leur avaient fait aucun tort, et d'a- « jouter qu'ils seraient obligés de prendre les armes '■<■ pour leur défense, si cela était nécessaire; mais que «la voie des remontrances leur avait paru préférable, « et qu'ils seraient fort aises de vivre en paix avec; les « Gaulois ».

' J'ai suivi dans tout ce récit le sentiment deTite-Live, qui souffre quelque difliculté. Il est fort vraiseiulilaLle que les Gaulois dont il

s'agit ioi étaient établis aux environs de la mer Adriatique, et que c'est là qu" Aruns les alla cberclier.

iiisroMu- nOMAlNK. 353

TjU demande était raisonnable et modéréi-, si elle n'eût pas eu pour porteurs des hommes d'un caractère violent et fier. Après que l'affaire eut été proposée dans rassend)lée des premiers de la nation, Brennus, ([ul en était le roi ou le chef, répondit « (pie le nom des <f llomains leur était peu connu; qu'ils croyaient néan- « moins que c'étaient des gens braves et courageux , « puisque les Clusiens avaient eu recours à eux dans « leur danger; que, comme ils avaient mieux aimé em- « ployer les voies de conciliation que les armes pour la « défense de leurs alliés, de leur côté, ils ne rejetaient « point la paix qu'on leur offrait, poiuvu que les Clu- « siens, qui possédaient plus de terres qu'ils n'en pou- « valent cultiver, voulussent bien en céder une partie i< aux Gaulois (jui en manquaient; que, sans cette con- «dition, il n'y avait point de paix à espérer : qu'ils « étaient bien aises de recevoir leur réponse en prête sence des Romains : qu'en cas de refus, ils combat- M traient en présence des mêmes Romains, afin qu'ils « fussent en état de faire savoir à Rome combien les « Gaulois l'emportaient pour le courage sur tous les mor- « tels ». Les ambassadeurs demandant alors d'un ton lier et élevé « quel était donc ce procédé de demander «des terres à ceux qui les possédaient, sinon de les « menacer de guerre; et quel droit les Gaulois avaient « sur la Toscane ? » Le même ^ répondirent-ils fièrement, que vous sur tant de peuples dont on dit que vous avez envahi les terres. Nous portons notre droit a la pointe de nos épées. Tout appartient aux gens de courage.

Les Fabius, irrités d'une réponse si haute, dissimu- ics amiiaslèrent leur ressentiment; et, sous prétexte de vouloir, icm ic dV„û

des tJcns.

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