P. VALÉRIUS
La guerre des Antiates , qui étaient soutenus par les camiiic tcr-
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Latuîs, causa quelque alarme a Home; mais le nom reusemcuiia seul de Camille, qui cette année se trouvait en cbarge , """'p*^ 1^^""' rassura les esprits. Cliacun disait « qu'il aurait fallu le ,^"".''/^*:
I •■ Liv. hb. 0,
«créer dictateur s'il avait été particulier; et ses col- «=.6. « lègues avouaient qu'en ce qui regardait la guerre , «c'était sur lui que tout devait rouler; qu'ils étaient « résolus de soumettre absolument leur pouvoir à celui « de Camille , et qu'ils ne croyaient rien perdre de leur « dignité en cédant à celle fluii collègue qui leur était « si fort supérieur ». Le sénat donna de grandes louanges aux tribuns militaires. Camille, de son coté, confus
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(l'une conduite si honorable pour lui, et d'un exemple si rare d'amour du bien public, en témoigna sa reconnaissance dans les termes les plus forts. Il dit « que « l'estime singulière dont le peuple lui avait donné tant (c de preuves, que les jugements si avantageux d'une « compagnie aussi respectable que le sénat , surtout « qu'un consentement si unanime de ses illustres colce lègues à lui céder l'autorité , étaient pour lui un « pesant fardeau , et bien difficile à so^temr : qu'ajou- « tant de nouveaux soins et un nouveau zèle à tout ce « qu'il avait fait jusqu'ici , il s'efforcerait de se sur- « monter lui-même pour répondre à l'attente de toute « la nation : que , pour ce qui regardait la guerre des « Antiales, il y avait de leur part plus de bruit et de «menaces que de danger; que cependant, comme il « était persuadé qu'il n'y avait rien à craindre, il croyait « aussi qu'il ne fallait rien négliger : que Rome était « en butte à l'envie et à la haine de tous ses voisins ; a qu'ainsi la prudence demandait qu'on eût plusieurs « corps d'armée et plusieurs chefs ». En conséquence , il désigna à chacun de ses collègues leur département, et retint avec lui Yalère : tous promirent bien de s'acquitter de leur devoir. Valère , en particulier , déclara « qu'il regardait Cam.ille comme son dictateur , et qu'il <( lui serait soumis comme lui général de la cavalerie ». Les sénateurs, pénétrés de joie et d'admiration, comblent de louanges Camille et ses collègues, et s'écrient, « que jamais la république n'aurait besoin de dictateur %
' cclVec (lictatore nnquàin opus rare juxtà paratos, laudemque con-
lore reipublio^ , si taies viros in ma- l'erentes potiùs in uiedium , quàm ex
{^istnitu habeat , tani concordibus coinmuni ad se trahentes.» ( Liv.) junctis aniniis, parère alquc impe-
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«s'il y avait toujours on place de pareils magistrats, « liés ensemble par une union si parfaite , également a prêts à ohéii' et à commander , et bien plus disposés «à faire; part à leurs collègues de leur propre gloire « qu'à s'arroger celle de leurs collègues ».
Camille et Valère s'avancèrent vers Satrique , où les ennemis avaient assemblé leurs forces. L'armée des Antiates était composée , non-seulement de la jeunesse des Volsques , mais d'un grand nombre de Latins et d'Hernlques. La vue de troupes si nombreuses jeta du trouble dans l'esprit des soldats romains. Les centurions en portèrent aussitôt la nouvelle à Camille, et lui dirent « que les soldats avaient pris leurs armes nonclialam- « ment, qu'ils étaient sortis du camp avec peine et « lenteur ; qu'on en avait même entendu qui se plai- « gnaient hautement qu'on les menait à un combat où « ils seraient un (contre cent : que , bien loin de pou- « voir soutenir une si prodigieuse multitude de gens « armés , ils en seraient accablés , quand même elle « serait sans armes ».
Camille aussitôt, monte à cheval, et parcourant les rangs : « Soldats , dit - il , que veut donc dire cette « tristesse et cette langueur que je ne vous ai point « connues jusqu'ici? Avez- vous oublié ce qu'est len- « nomi , ce que vous êtes vous-mêmes, et qui je suis? rt L'ennemi , qu'est-il autre chose pour vous qu'une perte pétuelle matière de triomphe et de gloire? Et vous « ( pour ne point parler de tant de grandes occasions « où vous vous êtes autrefois signalés , la prise de « Vëïes, la victoire sur les Falisques, la pleine défaite « des Gaulois dans notre patrie dont ils s'étaient rendus « maîtres) n'êles-vous pas les mêmes qui venez de rem-
«porter sous ma conduite une triple victoire sur ces cf Volsques mêmes et ces Eques qui vous effraient, et « encore sur les Etrusques ? Est-ce que vous ne recon- (c naissez point en moi votre chef accoutumé , parce que « je vous ai donné le signal comme tribun militaire, et « non comme dictateur? Je ne désire point une autorité «extraordinaire pour vous commander, et vous ne « devez considérer en moi que ma personne. La dicta- « ture ne m'a point enflé le courage, comme l'exil ne « me l'a point abattu. Nous sommes donc tous les « mêmes ; et comme nous apportons dans cette guerre « les mêmes dispositions que dans les précédentes, nous « avons droit aussi d'en attendre le même succès. Dès « que vous en serez venus aux mains , chacun fera ce « qu'il a coutume de faire. Vous vaincrez, et ils fuiront. » Ayant ensuite donné le signal, il saute de dessus son cheval , et prenant par la main l'enseigne le plus proche, il l'entraîne avec lui contre l'ennemi. Les soldats, voyant que Camille, malgré son âge avancé, marchait contre les ennemis, s'ébranlent tous ensemble en criant , suivons notre général. Quelques-uns même ajoutent qu'il fit jeter le drapeau parmi les ennemis, et que la première ligne, pour le reprendre, fit des efforts extraordinaires. Les Antiates ne purent soutenir un choc si rude, et encore moins les regards effrayants de Camille. Il portait la terreur partout oli il se présentait; ce qui parut bien clairement, lorsque, étant passé à son aile gauche , qui avait été mise en désordre , il y rétablit aussitôt le combat par sa présence seule, montrant de sa main l'autre aile qui était victorieuse. Le succès n'était plus douteux; mais la foule, des ennemis les embarrassait dans leur fuite , et le soldat
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romain , déjà fatigué par un long et rude combat , n'aurait pu suffire au carnage. Un violent orage, accompagné d'une grande pluie , survint fort à propos pour séparer les deux armées , et interrompit non pas le combat , mais une victoire décidée. Camille ayant fait sonner la retraite, la nuit qui suivit termina la guerre sans que les Romains s'en mêlassent ; car les Latins et les Herniques , laissant là les Volsques , s'en retournèrent chez eux, avec la honte d'avoir fait une folle entreprise , suivie d'un aussi triste succès qu'elle le méritait. Les Yols([ues, se voyant abandonnés par ceux dont le secours et les forces les avaient portés à la révolte, quittent leur camp, et se renferment dans les murs de Satrique. Camille les suit de près , et emporte la place par escalade.
Camille songeait à former le siège d'Antium, capitale des Volsques , et qui avait donné commencement à cette guerre ; et il en serait venu sans doute à bout , mais un besoin plus pressant l'appela ailleurs. Il courut au secours de deux villes alliées , Sutrium et Népète , dont les Etrusques étaient déjà presque maîtres, et il les délivra.
Les Romains, se voyant tranquilles, envoyèrent chez les Latins et les Herniques porter leurs plaintes de ce qu'ils avaient donné du secours aux ennemis de Rome , et n'avaient point depuis quelques années fourni leur contingent selon la coutume. La nation, assemblée en corps , répondit « que c'était sans sa participation que « quelques-uns de leurs jeunes gens s'étaient joints aux « Volsques , et qu'ils avaient été assez punis de leur « témérité, aucun d'eux n'étant revenu dans sa patrie: « quant à ce qui regardait le contingent, que la crainte
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« continuelle où ils s'étaient vus d'être attaqués par les « Volsques, les avait empêchés de le fournir à l'ordi- « naire». Ces réponses satisfirent peu le sénat, mais il crut devoir s'en contenter pour le présent.