‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 5)Chapitre 10 sur 82 · Tome KXTIL Tr. èhu Étud · texte numérisé non relu

Tome KXTIL Tr. èhu Étud

8a TRAITÉ DKS III DES.

cupé pour-lots à l'aire la guerre, aux Parthes, de peur d'étouffer par sa présence la réputation naissante de son gendre, et de paraître s'attirer, à son préjudice, l'honneur d'avoir achevé cette importante guerre. XenoPh,in On sait a\ee quelle fidélité et quelle soumission Cyrop' Gyrus rapportait à (Aaxare, son oncle et son beaupère, tonte la gloire de ses exploits; avec quelle attenant .invita tion Agricola, qui acheva la conquête de l'Angleterre, faisait honneur à ses supérieurs de tous ses succès, et avec quelle modestie il cédait une partie* de sa propre réputation pour relever la leur.

piutiuPrac. Plutarque raconte la conduite pleine de modération Reip.ger. »jj garda lui-même dans la députation dont il fut chargé, de la part de sa ville, vers le proconsul de la province. Son collègue ayant été obligé de rester en chemin , il s'acquitta seul de la commission , et y réussit. A son retour, lorsqu'il fut près de rendre publiquement compte de sa députation , son père l'avertit de ne point parler en son nom seul , mais de s'expliquer comme si son collègue avait été présent, et qu'ils eussent tout concerté et tout exécuté ensemble. Et le motif d'un conseil si sage était qu'un tel procédé, -non-seulement est plein d'équité et d'humanité1, mais ôte encore à la gloire du succès ce qui a coutume d'affliger et d'irriter l'envie.

Ce que Cicéron dit de l'union parfaite qui était entre Hortensius et lui2, et de l'attention mutuelle qu'ils avaient à s'entr'aider dans la noble carrière du

1 Où Y*p F^v ê.7riei*è« to toioù- 2 .«Sempei: aller abaltcroadjutus,

tov xol !6i>.âv6pwTOv èçiv , Sûlx xjol et coninmtiicando , et monendo , et tô Xu-rcoiiv TÔv <pôo'vov àyatpeïfTi? hvendo. » (In Bruto , n. 5.)

barreau, à se communiquer réciproquement leurs lumières, et à se faire valoir l'un l'autre, est un exemple bien rare parmi les personnes d'une même profession , et bien cligne en même temps d'être imité. Un historien remarque qu'A tticus1, leur ami commun, était le nœud et le lien de cette union si intime, et que c'était lui qui faisait que la vive émulation de gloire qui se trouvait entre ces deux illustres orateurs n'était point altérée par de bas sentiments d'envie et de jalousie.

Lélius, ami intime du second Scipion, avait plaidé, Déchu. à deux différentes reprises, une cause fort importante; rat8g" 3" et les juges avaient deux fois ordonné un plus ample informé. Les parties l'exhortant à ne point se rebuter, il leur persuada de remettre leur affaire entre les mains de Galba, qui était plus propre que lui à la plaider, parce qu'il parlait avec plus de force et de véhémence. En effet, Galba, dans une seule audience, emporta tous les suffrages, et gagna pleinement sa cause. Il faut avouer qu'un tel désintéressement, en fait de réputation, a quelque chose de bien grand. Mais, dit Cicéron, c'était la coutume de ce temps de rendre, sans peine, justice au mérite d'autrui. Ereà omniiio tum rrêos , utj'ciciles esse/it in suum cuique iribuendo.

J'ai toujours admiré la droiture et la candeur d'ame iiorat.Sat.o, de Virgile, qui ne craignit (Joint, en produisant Horace à la cour de Mécène, de se donner un rival qui pourrait disputer avec lui la gloire du bel esprit, eu, sinon lui enlever entièrement, du moins partager avec lui les faveurs et les bonnes grâces de leur commun

1 '«Efticicbat, ut interquos tanta virorum copiila. » (GoRir. Ntr. in Jaunis esse) aemalatio, nulla inter- Vita Att. cap. 5. ) uederel OBtrectatio, essetque lalium

protecteur. Mais, dit Horace, on ne se conduisait point ainsi chez Mécène. Jamais il n'y eut de maison plus éloignée de ces bas sentiments que la sienne, ni où l'on vécût d'une manière plus pure et plus noble. Le mérite et le crédit de l'un ne faisaient point ombrage à l'autre. Chacun avait sa place, et en était content.

Horat. Non isto vivimus illic

[Sat. lib. i, quo tu rere motj0. Domus hâc nec purior ulla est,

Nec magis his aliéna malis. Nil mî officit unquam , Ditior hic , aut est quia doctior. Est locus uni- Cuique suus.

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