Tome XXllI. Tr. des tlud. I I
scs armées, parle de Dieu d'une manière digne de la grandeur et de la majesté du Tout-Puissant. 11 n'a qu'à donner un signal, à lever un étendard; et tous les princes accourent. Tous les rois de la terre ne sont à son égard que comme des moucherons1. Toute leur puissance n'est devant lui que faiblesse. D'un seul coup de sifflet il les fait marcher. C'était une grande consolation pour ceux qui avaient alors de la foi, de savoir certainement que tous les maux qui leur arrivaient étaient ordonnés par la divine Providence, qu'ils étaient du coté de Dieu des remèdes, et non de purs supplices; que les hommes n'étaient que les ministres de sa justice, et qu'ils étaient conduits par sa sagesse, quoiqu'ils ne pensassent qu'à satisfaire leurs passions.
C'est Dieu même qui nous découvre les pensées extravagantes de Sennaehérib , qui , n'étant qu'un simple serviteur, croit être le maître, et qui, ne voyant pas la main qui l'emploie, attribue tout à la sienne, et ne craint point de se mettre à la place de Dieu. Un instrument, dit Dieu, a-t-il quelque vertu qui ne vienne pas de l'artisan qui l'emploie ? Est-ce à l'instrument , et non à l'ouvrier, qu'il faut attribuer l'ouvrage? Quelle folie serait comparable à celle qui porterait l'instrument à s'élever contre la main et contre l'intelligence qui l'appliquent à certains usages ? Voilà pourtant ce que pensait et ce que faisait le roi d'Assyrie.
1 « Sibilabit Domînus nuison- . . . . et api, quae e<t in terra Assuj (Is. 7, 18.)
?.. Les grands ont recoins aux rois d'Ethiopie et d'Egypte.
On voit ici combien il est dangereux de préférer les \ nés de la prudence humaine à celles de la foi. Dieu avait promis de délivrer Jérusalem, pourvu que ses habitants se tinssent en repos, et missent en lui uniquement leur confiance : voilà le point fixe auquel il fallait se tenir. Mais le secours de Dieu était invisible et paraissait éloigné. Le péril était présent et augmentait tous les jours. La ressource du coté de l'Egypte était prochaine, et semblait assurée. Selon toutes les règles de la politique humaine il fallait mettre tout en usage pour obtenir la protection de deux rois aussi puissants que ceux d'Egypte et d'Ethiopie. D'ailleurs, n'était-ce pas tenter Dieu que d'attendre un miracle? et, dans l'extrême danger où Ton était, n'y avait-il pas une espèce de folie à demeurer dans l'inaction? L'événement fera voir qui de ces politiques, ou d'Ezéchias, raisonnait le plus juste.