‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 5)Chapitre 22 sur 82 · Discours impie et Lettre blaspliématoire de Sennachérib · texte numérisé non relu

Discours impie et Lettre blaspliématoire de Sennachérib

Le discours et la lettre de Sennachérib nous pa- 4Reg. c. toi raissent avec raison impies, insensés, détestables, dans la bouche d'un ver de terre contre la majesté divine. Ce roi, aveuglé par ses heureux succès, dont il ignorait la véritable cause, pensait du Dieu de Juda ce qu'il croyait de tous les autres dieux, dont la puissance, selon lui, était bornée à certaines régions e1 à certains effets particuliers, et qu'on ne laissait pas de

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bien battre malgré leur divinité. 11 ne voyait rien, dans le Dieu d'Israël, qui le distinguât: de la foule des dieux vaincus. Son empire était renfermé dans les bornes étroites d'un petit pays, et relégué dans des montagnes. Son nom n'était guère connu que parmi les peuples voisins. Ce Dieu avait déjà laissé enlever dix tribus par les rois de Ninive. Il venait de perdre toutes les villes fortes de la tribu de Juda, qui seule lui restait; et toute sa domination, tout son peuple, tous ses adorateurs et toute sa religion étaient réduits à une seule ville sur la terre, sans qu'il parût qu'il eût la pensée ou le pouvoir de la garantir d'une ruine que Sennachérib regardait comme assurée.

Il est beau de voir comment Dieu s'applique à confondre l'orgueil insolent de ce prince, qui se faisait appeler le grand roi, le roi par excellence; qui se considérait comme un conquérant invincible, comme le maître de la terre, comme le vainqueur des hommes et des dieux. Ce prince, si fier et si orgueilleux, le Dieu d'Israël le traitera comme une bëte féroce, et, en lui mettant un cercle au nez et un mors à la bouche, il le remènera couvert de honte et d'infamie parle même chemin par lequel il était venu plein de gloire et triomphant. Voilà où se termine l'orgueil des hommes.

[\. Défaite du roi d'Ethiopie.

Il est aisé de reconnaître, dans la punition du roi d'Ethiopie , la jalousie du Dieu des armées contre quiconque prétend être son rival , ou partager sa gloire en osant venir à son secours pour lui conserver son

héritage, ou pour le tirer d'un pas difficile dans lequel ses promesses l'auraient trop engagé; et, dans le triste sort des Israélites, qui avaient eu recours à l'Egypte, la condamnation de tous ceux ou qui doutent des promesses faites à l'Eglise, dont Jérusalem est certainement la figure, ou qui pensent que, dans certaines occasions dangereuses et difficiles, elles ont besoin de la force et de la sagesse humaine.

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