Tome A. M II. Tr. des Étud. I
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Réflexion sur les prophéties.
Si les prophètes n'avaient prédit que des événements fort éloignés, il aurait fallu attendre long-temps pour savoir s'ils riaient prophètes, et ils n'auraient pu avoir aucune autorité pendant leur vie.
Si, d'un autre coté, ils n'avaient prédit que des événements fort prochains, on aurait pu les soupçonner d'en être instruits par des voies naturelles; et la persuasion qu'ils ne parlaient que par l'esprit de Dieu aurait paru moins fondée.
Et s'ils n'avaient mis une liaison entre les événements prochains et les événements éloignés, par des prédictions qui devaient s'accomplir dans l'intervalle, la distance entre les deux extrémités aurait fait perdre le fruit de leurs prophéties, les premières étant oubliées , et les dernières n'étant pas attendues.
Par l'accomplissement des premières le prophète acquérait une autorité légitime, et faisait espérer l'accomplissement des suivantes. Celles-ci ajoutaient à son autorité une certitude entière que sa lumière venait de Dieu, et que tout ce qui lui était révélé pour des temps plus reculés s'accomplirait aussi infailliblement que ce qu'il avait prédit pour un temps plus voisin. Les monuments publics attestaient ce qui était accompli : l'instruction en faisait passer la mémoire aux enfants; et ceux-ci, joignant ce qui arrivait de leurs jours à ce qui était arrivé au temps de leurs pères, laissaient à leur postérité un profond respect pour les prophètes qui l'avaient prédit , et une ferme espérance que tout
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cë qui était contenu dans leurs autres prédictions s'accomplirait.
C'est ainsi que leurs livres ont mérité d'être regardés comme des livres divins. La preuve était sûre et à la portée de tout le monde. On croyait l'avenir parce qu'on voyait le présent. On était persuadé que la révélation était divine, parce qu'elle.- était infaillible et au-dessus de toute connaissance humaine; et l'on aurait conclu tout le contraire, si quelques événements n'avaient pas répondu à la prédiction. «Ecoutez-moi, Jerem. 28, u disait le prophète Jérémie à un homme qui se prête tendait envoyé de Dieu ; et que tout le peuple rn'é- « coûte aussi. Les prophètes qui ont été avant nous « ont prédit a divers pays et à de grands royaumes la «guerre, la famine, et d'autres calamités. Il y en a « eu , au contraire, qui ont prédit la paix. C'a toujours « été par l'événement qu'on a discerné quels étaient « ceux que Dieu envoyait. »
Voilà l'unique règle qu'on observait. Elle était simple et facile. Le petit peuple en faisait l'application aussi sûrement que les plus habiles, et il n'était pas possible de s'y méprendre.
Le peu de temps que laissent aux jeunes gens les études ordinaires des classes ne permet pas de leur expliquer avec beaucoup d'étendue un grand nombre d'histoires ou de prophéties. Mais, si l'on en fait un choix judicieux , et que tous les ans on trouve le moven de leur en faire lire quelques-unes, en les accompagnant de réflexions qui soient à leur portée, ce petit nombre pourra , ce me semble , beaucoup contribuer à leur inspirer un grand respect pour la reli-
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gion, à leur donner beaucoup de goût pour l'Ecriture sainte, et à leur apprendre dans quel esprit et avec quels principes ils devront un jour la lire quand ils en auront le loisir.