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nie. Mais les Romains ne l'y laissèrent pas en repos, Lhr.iib 19, et députèrent Quintius Flamininus vers ce roi pour se plaindre de ce qu'il lui donnait une retraite. Il ne fut pas difficile à \nnibal de deviner quel était le sujet de cette ambassade, et il n'attendit pas qu'on le livrât à ses ennemis. D'abord il essaya de se sauver par la fuite : mais il s'aperçut que les sept issues caebées qu'il avait fait faire à son palais étaient occupées par les soldats de Prusias, qui voulait faire sa cour aux Romains en trabissant son hôte. Il se fit donc apporter le poison qu'il gardait depuis long-temps pour s'en servir dans l'occasion; et, le tenant entre ses mains, « Délivrons, dit-il, le peuple romain d'une in- « quiétude qui le tourmente depuis long-temps puisse qu'il n'a pas la patience d'attendre la mort d'un « vieillard. La victoire que remporte Flamininus sur « un homme désarmé et trahi ne lui fera pas beaucoup « d'honneur. Ce jour seul fait voir combien les Ro- « mains ont dégénéré. Leurs pères avertirent Pyrrhus « de se garder d'un traître qui voulait l'empoisonner, « et cela dans le temps que ce prince leur faisait la « guerre dans le cœur de l'Italie; et ceux-ci ont en- « voyé un homme consulaire pour engager Prusias à « faire mourir, par un crime abominable, son ami et « son hôte! » Après avoir fait des imprécations contre Prusias, et invoqué contre lui les dieux protecteurs et vengeurs des droits saerés de l'hospitalité, il avala le poison , et mourut.
Telle fut la fin des deux plus grands hommes de leur siècle, qui tous deux succombèrent à la jalousie de leurs ennemis, et ('prouvèrent l'ingratitude de leur patrie.
Guerre contre Persée, dernier roi de Macédoine.
Persée avait succédé à Philippe son père clans le royaume de Macédoine. Il s'était écoulé près de vingt ans depuis la paix accordée à Antioclius.
Les Romains, après avoir long-temps dissimulé plusieurs sujets de mécontentement qu'ils avaient contre Persée, résolurent enfin de lui faire la guerre s'il ne leur donnait satisfaction. Ce prince était sans honneur et sans religion; et, pour parvenir à ses fins % il ne craignait point d'employer les calomnies, les meurtres et les empoisonnements. Aveuglé et corrompu par les flatteries des courtisans , il se croyait un grand homme de guerre, capable de tenir tête aux Romains. C'est pourquoi il répondit à leurs députés avec une hauteur et une fierté qui les obligea de lui déclarer la guerre sur-le-champ. Quelques heureux succès qu'il eut dans la première campagne ne servirent pas peu à lui enfler b,d. le courage. Cependant il suivit le conseil 2 qu'on lui donna de profiter de l'avantage qu'il avait remporté dans un combat pour obtenir des conditions de paix plus favorables, plutôt que de tout risquer sur une espérance incertaine. Il fit donc faire au consul 3 des offres assez avantageuses. Dans le conseil de guerre qu'on tint sur ce sujet, la constance romaine 4 l'emporta. Le caractère
1 « Hune per omnia clandestina in casuni inevocabilem se daret. » grassari scelera latrocinioruni ac ve- ( Id. ibid. n. 62.) neficiorum cemebant. «(Liv.lib. 42, 3 Publius Licinius Crassus. n< 18.) /l « Romana constantia vicit in
2 « Ausi sunt quidam amicorum concilie». Ita tùm mos erat , in adconsilium dare, ut secundà fortunà versis vultum secundœ fortunse gein conditiones honestae pacis utere- rere, moderari animosin secundis » tur, potiùs quàm spe vanâ erectus (Ibid.)
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TRAITÉ DES ÉTUDLS. 4^7
de la nation pour-lors était de montrer beaucoup de courage et de grandeur d'aine dans les disgrâces, comme aussi l'on se piquait dans la prospérité de fai reparaître beaucoup de modération. La réponse qu'on donna au roi fut donc qu'il n'avait de paix à espérer qu'en s'abandonnant entièrement à la discrétion du peuple romain , et en lui laissant la décision de son sort. Toute espérance d'accommodement étant perdue, on se prépara de part et d'autre à continuer la guerre. Le nouveau consul pénétra jusque dans la Macédoine, id.iib. 44,
, , n. 1 , etc.
et alla attaquer le roi dans son propre pays. Cependant, comme les choses traînaient beaucoup plus en longueur qu'on ne s'y était attendu , les Romains entrèrent dans une grandi' inquiétude.
Paul Emile ayant été nommé consul , et chargé de 14. H>id. la guerre contre Persee, on conçut de meilleures es-
pérances. Il se mit en état de les remplir. Avant son départ, il crut devoir parler au peuple; et il le pria de vouloir bien ne point ajouter foi aux bruits vagues qui se répandraient contre sa conduite : qu'il était une espèce de gens oisifs et désœuvrés qui, du fond de leur cabinet, faisaient la guerre fort à leur aise, et qui, si l'on ne suivait pas leurs vues et leur plan , censuraient le général dans les cercles et dans les assemblées, et lui faisaient son procès; qu'il ne refusait pas de recevoir des avis, mais qu'il fallait être sur les lieux pour les lui donner.
Quand il fut arrivé en Macédoine, et qu'il se vit tout ibid. n. 36. près des ennemis , les troupes pleines d'ardeur demandèrent à les attaquer sur-le-champ; et un jeune officier de grand mérite, nommé Nasica, le pressa de profiter de l'occasion pour ne pas laisser échapper un ennemi
dont les fuites et les retraites précipitées avaient donné
tant cl exercice à ses prédécesseurs. Il loua l'ardeur du
jeune officier et des soldats, mais il ne se rendit pas à
leur désir. La marche avait été longue et pénible dans
. un jour d'été fort chaud, où la poussière, la soif, la
lassitude, et l'ardeur du soleil en plein midi, avaient
extrêmement fatigué l'armée. 11 ne jugea donc pas à
propos d'envoyer au combat des troupes ainsi affaiblies
et épuisées , contre des ennemis qui , étant frais et
reposés, avaient toute leur force.
nT'S/a4' Quelques jours après, la bataille se donna. Paul
«*" iT^vi,ta Emile y fit paraître toute la sagesse et tout le courage
AEin. Pauli. .
qu'on devait attendre d'un chef si expérimenté. L'opiniâtre résistance des ennemis montra qu'ils n'avaient pas entièrement dégénéré de leur ancienne réputation. Le grand choc fut contre la phalange macédonienne, qui était une espèce de bataillon carré , hérissé de piques et de lances , et qu'il était presque impossible d'enfoncer, tant ils étaient accoutumés à joindre tous ensemble leurs boucliers, et à présenter à l'ennemi comme un mur de fer. Paul Emile avouait dans la suite que ce rempart d'airain et cette forêt de piques l'avaient rempli d'étonnement et de crainte; et que, quelque bonne contenance qu'il fit, il n'avait pu d'abord s'empêcher de sentir quelque doute et quelque inquiétude sur le succès du combat. En effet, toute sa première ligne étant mise en desordre, la seconde, découragée, commençait aussi à plier. Le consul , s'étant aperçu que l'inégalité du terrain obligeait la phalange de laisser des ouvertures et des intervalles, sépara ses troupes par pelotons, et leur ordonna de se jeter dans les espaces vicies de la bataille des ennemis , et de ne les plus attaquer tous ensemble
de front, mais par troupes détachées, et par différents endroits tout à-la-fois. Cet ordre , donné à propos , fut cause de la victoire. La phalange, ainsi désunie et séparée, ne put soutenir l'effort des Romains. Ce ne fut plus que meurtre et que carnage; et l'on croit qu'il périt dans ce combat, du coté des Macédoniens, plus de vingt-cinq mille hommes.
Persée n'avait pas attendu la fin du combat pour se id. lit. 47 retirer. Après quelques vains efforts , il se laissa prendre prisonnier, et se rendit au vainqueur. Il le fit avec une bassesse et une lâcheté qui lui attira le mépris de tous ceux qui en furent témoins, au lieu que dans un tel état il semblait ne devoir exciter que leur compassion. Il fut mené à Rome avec ses enfants, et servit d'orne- n>id. n.40
. ' .. Plut, in vu.»
ment au triomphe de raul Lmue. pauli.