‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 108 sur 340 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SAMPSON , SARA , MELFONT, NORTON , BETTY, ARABELLA , et plusieurs autres personnes QUI apportent du secours.

ARABELLA, aux genoux de Melfont.

Ah! je revois mon père!

BETTY

J'apporte du secours.

Il n'est point nécessaire.

MELFONT, àArabella.

Qui t'amène en ces lieux? Je ne veux pas te voir! Ea nature ne peut calmer mon désespoir.

( Se jetant aux pieds de Sara.

Je veux mourir ici.

NORTON

Cessez d'être rebelle.

Et de Norton, enfin, reconnaissez le zèle. De l'indigne Mar^ood j'ai trompé les desseins. J'ai su ravir aussi cet enfant de ses mains. Mais j'ai plus fait encor, en empêchant un erinif; Sans moi votre Sara devenait sa victime : Ce monstre, ne pouvant assassiner Melfont , En secret, pour Sara, prépara du poison. Témoin de son forfait, j'ai su tromper sa rage. En renversant soudain le funeste breuvage.

ÂCTli V, SCENE Vin. i5

s A.MPSON.

Comment!

MELFONT.

Que dit-il donc!

NORTON

Je dis la vérité :

J'ai sauvé de la mort la vertu, la beauté; Et, laissant à Marwood l'affreuse jouissance De croire qu'elle avait accompli sa vengeance, Je me suis occupé du soin plus miportant D'enlever de ses mains cet innocent enfant,

s AMPSON.

O ma fille!

Mon père!

MK LFO NT.

O serviteur fidèle !

Quel bien pourrait jamais récompenser ton zèle! Je n'en possède plus : mais deviens aujourd'hui , D'un maître trop coupable et le frère et l'ami.

Non, j'ai fait mon devoir en sauvant l'innocence, Soyez heureux , mon maître, et j'ai ma récompense

SARA

Quel changement subit! je puis vivre pour vous;

( A son père. )

Je puis de votre main obtenir mon époux;

Et je crains que mon cœur, dans sa vive tendresse,

Ne jiuisso supporter l'excès de son ivresse.

i58 LA COURTISANE.

s AMPSON.

Calme-toi, ma Sara, quelque tranquillité T'aura bientôt rendu la paix et la santé. Toi , Melfont , sois mon fils !

MELFONT.

De ce pardon insigne Mon père, désormais je veux me rendre digne; Je le jure, par vous, par Sara, par mon cœur. Par le zèle touchant de ce bon serviteur. Le crime de Marwood a dessillé ma vue : Tous mes biens dissipés, ma jeunesse perdue. Mes talents, mon bonheur, ma réputation. Tout s'est évanoui par cette liaison.

Trop heureux en cédant au remords qui m'anime , Si je parviens encor à gagner votre estime. Je ne connaissais pas, aujourd'hui je l'apprends. Le pouvoir qu'une femme a sur nos sentiments : Nous devenons méchants quand elle est vicieuse , Nous devenons meilleurs quand elle est vertueuse. Marwood obtint mon cœur et l'avait corrompu , Mais aujourd'hui Sara le rend à la vertu.

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