‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 125 sur 340 · SCENE XL · texte numérisé non relu

SCENE XL

dans le cœur des femmes ; ce colonel , dont mon oncf^ parlait tantôt avec tant de légèreté, ce colonel que l'on écarte de la maison sans qu'il ait manifesté le désir de s'y présenter, est peut-être l'homme pour lequel, sans le connaître , je me sentirais quelque prévention,

GÉRMENCEY.

Gomment ! serait-U vrai que ce colonel ?...

RO s ALINE.

Oui, monsieur, il me plaît; car du moins celui-là, je ne l'ai jamais vu.

Oh! s'il connaissait son bonheur, ou si j'étais à sa place, que de moyens n'emploîrais-je pas pour vous voir en secret! Je parie que vous lui pardonneriez volontiers toute espèce de déguisement.

R os ALI NE.

Vous l'avez deviné. Un déguisement aurait quelque chose de charmant. J'ai aussi l'esprit un peu romanesque, c'est encore là un de mes défauts. Il eût été plaisant, par exemple, qu'U se fût trouvé dans la maison, lors de l'arrivée de quelque concurrent. Faitesvous un tableau de l'embarras des deux amants : on a peur d'abord d'être découvert; on se cache, on s'évite, on se parle par signe , on se voit à la dérobée , on ne se dit qu'un mot, mais qu'il est expressif! On rit aux dépens du nouveau prétendu, et ce mélange d'amour, de crainte et de malignité, en ajoutant un comique piquant à la situation , rend les scènes d'amour moins langoureuses, et répand un(; aimable variété sur l'uniformité de la galanterie.

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