LEON I SE
Quoi ! lu veux que pendant l'absence De mon tuteur Burbando, J'introduise dans le cbâteaii ?...
Non, ce serait une iiuprudence.
iG LE VIEUX CHATEAU.
ZERBINE, SALPETRO.
Non, ce n'est point une imprudenc»-.
ZERBINE, SALPETRO.
lèciix malheureux voyageurs , Craignant la nuit, les voleurs, Viennent chercher un asyle.
A leur malheur trop certain ,♦ A leur manière civile, Madame , cédez enfin.
LÉONISE.
Puis-je céder sans impi'udence ?
Je plains ces pauvres malheureux ; Mais je crains ce tuteur quinteux Qui me tient en sa dépendance.
ZERBINE, SALPETRO.
Deux voyageurs qui sont la>> Vous demandent assistance... Vous les repoussez... hélas!
Oh ! de cette résistance Je ne vous approuve pas.
LÉONISE.
Hélas!....
Ah ! de cette résistance , Amis, ne m'en voulez pas.
LÉONISE.
Je ne puis les recevoir; mon tuteur est absent, il ne trouverait peut-être pas convenable...
ZERBINE
Et parce que votre tuteur est absent, il faudra que deux malheureux passent la nuit dans la forêt, courent les risques d'être dépouillés et peut-être assas-
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sinés par les brigands dont elle est remplie! Ah! mademoiselle, cela est-il humain!
SALPETRO.
( Sa diction doit être très-lente. )
Ces pauvres Français! quelle mine vont-ils faire!
LÉONISE.
Ce sont des Français?... il n'importe! deux femmes seules ne doivent pas...
Qu'avons-nous à ||||^indre?Le capitaine n'a-t-il pas fait de son château une garnison ? n'avons-nous pas sous notre commandement vingt hommes bien armés?
SALPETRO.
Bien armés , c'est vrai , mais mal vêtus. Tout le monde se moque de nous: on dit que nous avons plutôt l'air de bandits que d'écuyers; on dit que notre maître est un fou, qui se croit un seigneur trèsredoutable, et (|u'il n'est que ridicule et...
LÉONISK.
Songez que vous parlez de mon tuteur et que...
Que nous importe le capitaine et ses goûts fantasques! Il s'agit maintenant d'une chose plus importante. '\A Léonise.) Laisserez- vous ces deux étrangers à la porte ?
s ALPETRO.
Mademoiselle le veut.
ZERBINE
Mademoiselle a tort. — Je vais leur faire ouvrir; je prends tout sur mon compte. Je ne souffrirai pas, pour Tome III. x
i8 LE VIEUX CHATEAU.
l'honneur du nom espagnol , que des Français , des alliés, passent la nuit à la belle étoile, à la porte du seigneur Burbando : quelle idée de la nation donnerions-nous à des étrangers ?
Allons, fais ce que tu voudras.
ZERBIÎYE, d'un ton de dignité.
Qu'on les introduise dans le "château , qu'on prenne soin de leurs mules, qu'on leui^iTpare des chambres dans le pavillon neuf, et, quanRls seront rafraîchis, qu'on les introduise dans cet appartement.
(Salpetro sort. )