SCÈNE XIT
VALCOURT, FIRMÏN, MICHEL,
FIRMI N.
Comment! c'est toi , Valcourt !
C'est moi-même ; tu arrives à propos pour calmer mes chagrins. Je suis vrainient affecté... Tu te port'es bien au reste.
FlRMIN.
Tu joueras donc toujours ! si tu savais le tort que tu te fais !
VALCOURT
Oh! non; j'avaî^ même renoncé à jouer, et sans ces diables de voyageurs... Oh! c'est une leçon dont je me souviendrai : tu vois aussi combien je suis triste. Mais a propos, dis-moi , Florvel voit-il toujours cette grande italienne ?
FIRMIN
Tu devrais faire de mures réflexions.
VALCOURT
Oh! je suis maintenant très-raisonnable. Mais comment se porte la petite Zoé , que nous allions voir erjsemble , t'en souviens-tu ?
FIRMIN
Le dénuement où tu te trouves..,
VALCOURT-
Est bien cruel. T'a-t-on dit que j'avais gagné à mon Tome m. 2J
commandant trois cents louis sur sa parole? Il n'a pu me les payer.
F m M IN.
Pourquoi donc ?
VALCOURT
Il fut tué le soir même sur la brèche h deux pas de iiioi. Ce diable de boulet a emporté mes trois cents louis.
Fi RM IN.
C'était un brave officier.
V A. L COUR T
Aussi, Tai-je bien regretté. Quelque jour je paierai mes dettes comme lui.
FI RM IN.
Revenons à toi. Ne te reste-t-il aucune ressource ?
VALCOURT
Pas que je sache, à moins qu'il ne soit en ton pouvoir de me prêter une somme assez forte pour acheter des chevaux....
MICHEL, bas à Firmin.
Dites que vous n'avez pas le sou.
Je le voudrais de tout mon cœur; mais la somme que je pourrais t'offrir ne te suffirait peut-être pas....
VALCOURT
Ken parlons plus. Je connais ton amitié : d'ailleurs celte somme serait trop considérable, je craindrais de ne pouvoir pas te la rendre. Je ne t'en remercie pas moins, mon cher Firmin.