SCENE Xll. 33i
Celle passion subite , Cause son égarement.
FI RM IN.
Quel coup cruel ! ô sort ! 6 laye !
MICHEL, le regarde.
Il jure, il peste, il enrage; L'homme , avec de la raison , Lorsque le jeu s'en empare , Plus facilement s'égare Qu'un joueur de profession.
FIRMIN
Quelle carte épouvantable î
MICHEL
Je n'ose le regarder.
Je n'ose lui demander Si le sort toujours l'accable.
F I R M 1 JV , se levant furieux.
Funeste sort, j'ai tout perdu.
MICHEL
Quoi ! vous avez tout perdu. »
VALCOURT
Vraiment, il a tout perdu.
MICHEL
Oh! je reste confondu.
FIRM I N
D'un malheur épouvantable J'éprouve tout le courroux; Mais du destin qui m'accabh Ai-jo mérité les coups !
D'un malheur épouvantable, etc.
VALCOURT
Tantôt d'un sort détestable J'éprouvai tout le courroux ; Il me devient favorable :
Destin , voilà de tes coups.
VALCOURT
Je suis iàclîé vraiment de te voir t'atfligcr de la sorte; i))oi je supporte plus patiemment la mauvaise fortune. FiRMrw.
Nous n'avons pas le même caractère ; mais il suffit, Valcourl. Je n'ai point de reproches à vous faire , je ne dois accuser que moi de ma sottise.
VALCOURT
Une autre fois tu seras plus heureux..
FIRMIN
Moi rejouer! non; c'est une leçon dont je me souviendrai toute ma vie, et jamais, sans le portrait.... mais la douleur serait d'un lionnne faible, le reproche serait injuste : je me relire. ( A part. ) Oh ! Jenni î j'ai voulu ravir ton image à des mains indignes de le posséder, et je m'ôte peut-être pour jamais les mo}ens de triompher des obstacles qui nous séparent. [A Valcourl.) Avant de partir, je vous ferai tenir tout ce qui vous a|)partient.
!^ 11 SOI t. )
VA LCOL'KT.
A ton aise , mon ami , ne te gène pas.